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LA PREMIÈRE RESTAURATION ET LES CENT-JOURS

des ordres contraires, n'avait promené ses 20000 hommes entre les Quatre-Bras et Ligny, également inutiles aux deux batailles, 16 juin.

Les Prussiens semblaient pour le moment rejetés sur Namur; il fallait songer aux Anglais. Napoléon marcha à eux le 17. Wellington, surpris le 16 au milieu d'un bal par la nouvelle de notre approche,, avait conservé un grand sangfroid et réparé son imprévoyance à force d'activité. Dans la journée du 16, il avait réuni 32000 hommes aux Quatre- Bras; en quelques heures, le 17, il en assembla 70000 en avant du village de ^iVaterloo, sur le plateau du Mont-Saint- Jean. Il avait longuement étudié cette position. Il la signalait un an auparavant dans ses dépêches, comme excellente pour couvrir Bruxelles du côté de la Sambre, parce que les deux routes de Nivelle et de Charleroi se réunissent au pied de ce plateau ; et il était décidé à s'y défendre à outrance.

Napoléon laissa à Grouchy 34000 hommes avec ordre de suivre les Prussiens dû côté de Namur. Lui-même, avec le reste de ses forces, se joint à Ney pour attaquer les Anglais. L'armée française ne comptait que 72 000 combattants, mais pleins d'enthousiasme. Wellington, adossé à la forêt de Soignes, n'ayant qu'une seule route de retraite, était perdu s'il n'était Vd.nqueur. Il avait été convenu entre Blûcher et lui que celui des deux qui se trouverait attaqué ferait une résistance déi^pérée afin que l'autre pût venir à son aide. Wellington n'avait tenu sa parole qu'à moitié le jour de Ligny; Bliicher tint malheureusement la sienne le jour de Waterloo. Le général anglais lui fit demander deux de ses corps ; il répondit qu'il viendrait avec tous. Wellington comptait donc sur les Prussiens; mais Napoléon comptait aussi que les Prussiens, poussés vers la Meuse ou contenus par Grouchy, n'arriveraient pas.

La pluie quitomba par torrents dans la journée du 17 et pendant la nuil, avait fait du terrain un bourbier. On pouvait à peine manœuvrer l'artillerie. Enfin, le 18, vers onze heures, le solçil paSrut à travers les nuages, et la bataille commença. Napoléon attaque d'abord le château de Goumont, où s'appuyait la droite de Wellington, pour attirer de ce côté les principales forces de l'ennemi et l'amener à dégarnir son centre; alors il percerait ce centre, au plateau du Mont-Saint- Jean, principal débouché de la forêt de Soignes, pour couper les Anglais de Bruxelles, et rejetterait leur droite brisée vers

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un pays sans route qui les mènerait dans les Flandres, loin des Prussiens et loin d'Anvers, leur base d'opérations. Wellington, en effet, porte Télite de ses troupes à la défense de Goumont, et une lutte affreuse s'y engage quatre heures durant; la position reste aux Anglais.

Pendant cette fausse attaque, Napoléon réunissait une puissante batterie de 78 pièces et dirigeait un feu épouvantable sur le Mont^Saint-Jean, puis lançait Ney sur la Haie- Sainte, hsuEneau qui s'élève au pied du coteau. Ce mouvement réussit d'abord. La grosse artillerie du maréchal fit d'affreux ravages dans les rangs anglais. L'ennemi même s'ébranla un moment, quelques-uns s'enfuirent ; il fallut que Wellington courût à eux pour les ramener au combat. A ce moment, Ney veut profiter de la panique qu'il découvre sur certains points de l'armée anglaise. Il enlève une partie de ses pièces pour les porter sur les positions mêmes de l'ennemi, qui, le feu cessant, raffermit ses lignes. Il y avait un ravin à traverser, les lourdes pièces, de douze s'y engagent et gravissent avec peine la pente opposée; un régiment accourt pour les protéger; mais avant qu'il ait le temps de se former, Wellington lance deux régiments de dragons à fond de train dans le vallon. Ils coupent les traits, tuent les chevaux, sabrent les artilleurs. Ils furent à leur tour chargés et sabrés par la cavalerie française ; mais un fâcheux désordre avait été produit.

Cependant Ney, qui avance toujours, aborde enfin la Haie- Sainte et s'en empare. Le désordre se met une seconde fois dans l'armée anglaise; les fuyards portent jusqu'à Bruxelles le bruit de la défaite de Wellington. Pour changer ce désordre en déroute, Napoléon allait lancer la garde. Soudain le canon gronde deirière nos lignes. « Est-ce Grouchy ? » criet-on de toutes parts.

C'était Bulow qui débouchait sur la droite de l'armée française avec 30000 Prussiens venus par Wavres quand on le croyait vers Namur, et qui envoyait ses boulets jusqu'au pied du terfere où se tenait Napoléon. L'Empereur est forcé de diriger contre lui le corps de Lobau et la garde qu'il destinait à soutenir Ney * Wellington areconnu le secours promis; il prend rx>ffensive du côté de la Haie^Sainte, mais notre infantile repousse ses coloanes, nos cuirassiers les sabrent^ franchissent un ta^s rapide et arrivent jusqu'au centre de la position ^mgliise. A cette vue, Ney ne peut résister à l'ardeur

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defe sienâ. Toute notre (Cavalerie s'ébranle,' ïnômô là re8^i*Hé, gravit le plateau faldret vatoachéfla; bâvalerieenrifemife. ■CelleMîi, sef i-epliant à droite et à gaiichb, dériiasqiï-e? 20'piècefe dé eamon ' qni vomissent la mort, et iKMite' Fihfahteri^ dé Wellington formée en carrés. Nos 'cavaliers s'élan<îèiii? malles lignes anglaises ; onze fois, ils les^shargerilct tes^abrént; plusieurs sont rompues, inais se reforment. 81 riotre'infaïih terifei dé réserve eût été alors disponible, cTen était" fait de Tannée anglaise; mal-heureusement cette infanteriie était avec Ijobftii pour contenir Bulow. A sept heurtes, no» eatvalierâ sont rejetés du plateau; 'ils y étaient res^s 'deux heu^

res.

A ee momeât, Napoléon peut former uiie^olomne de ^ai^ bataillons de la garde ; mais il est trop tard : rartilterîe aniglaise a reparu sur la crête du plateau et bat'îa cofonffô eil brèche à coups de canon. Les Français B^avancent càlXttes^ Tanne au bras, sans tireir un seul coup.' Defox fois^i^ljllerlè anglaise tonne, deux fois les rangs se reforment^ «t/ la eo^ lonne continue sa marche. A ia troisième seulement elle Sè replie : deux bataillons avaient été entièrement détruits pâcr la miti^ille. Napoléon alors appelle à lui les troupes quloc^ cupent Ooamont, les joint à celles de Ney, les enÀamcàe par quelques paroles, et ordonne une attaqtie générale. Il était huit heures du soir. Nos soldats abordent Pennemi avec rtn élan admirable : plusieurs carrés anglais sont entamés, anéantis, Wellington était au pks épfids du feu. « Qu'ordonnezvous? lui dcmand&4*on. -*• Rien* *— Mais vous pouvez être tué, etil est important que celui qui vous remplacera connaisse votre pensée. — Ma pensée'! je n'en ai pa» tt'autrtf . que dé tenir ici tant que je pourrai. » Si Wellington ne flit pas ce Jour^là un grand tacticien v il mérita' do moûis -sfon* surnom de VIron duke, le duc de fer. » . ' r. » '. r.

Tout à coupune vive canonnade éclate à Textrêmis droHe de notre armée, « C'est Orouchyl * s^écrient éneore les so4-i' dats; « cô ne peut être que Qrpitehy!, •pens» Napoléon.' C'était un troisième eim^oii, c'était Blucher quij à lai tète de 3&000 PrQsqieiiSy débouchait laprès Bulow dant notre flftno droit Alors* nps soldats se croient trahis^ Qnelques^ns po^seot le cri' de : c Sauve qui- ipeut I et la <denHèFe àtr-' mée de la Franee, pressée de front' par ce qui restait d«s- 90009 bommes de Wellington^ à droite par les 6d<d00 Prussrieos dé'B3adier«t de BoloWy'iourbilkÉtfte s^r etie^nèiwe,

Tfes'hirigs isé môlëttt, efbîèntôt H n'y tt' plus pfus qu'une horrible confusion. ''■'■' ' • .. ; , / , M ., ' /, , r •KdTpblélM; 'dësespéi*!Sf, tîre ifen'*épée*pmir' «s'élancer* au tttiliea des ennemis; îl'veut pédr arec sa fortenevsfeé géiiéMux rentôûréht I6t re^rtraînenffeuf làîwute 'de» Giônappe. Neyi les habits 'ttouôs' de balles; cHail aux fujwds t * Ar^ 'jf'èféi'i' suiVei-moî' que je Vôos^ mMit^e-eomnie»! meèrtuh iriarê6hal*d^*Flfancer » Mais, excepté dans cet hèHetque S(A*dat, qui devait mourir autrement, les forces humaines étaient épuisées.

pas le ressentiment de longs revers et Torgie d'une victoire inespérée.

•.iJ^a:baiaill9oi^ Wat^Woo avait 4uré dix heures: « une journée de.géapt&^rq^ii^us coûta.3iOPpq, hommes tués, blessés QttipriSt et %^ pOû.aux vaipqi^eur8.,72 jOOO Français y avaient ltttfe&ôoolfe.U5û9,0,er\nemis, et virent deux toià la Victoire s'échapper <te hnv^ fl^ifis, ,, , ?' ÎTeUeifut pett^ campagne de quatre jours. , ' . •..&a»3lle»fT^tarîçl^d)ii l^ çt les dé^ertijOns qui donnèrent l'éteîl A> BtiMI^yçir, s^^. aUié^ ôprpuyâ^ient un irrémédiable' dé90«ti7«^.M i . Mil. , ,.i ■ ,,,,. . ..V, • "" ..iSiV'Jdi^fc ta Ç<wrW.4e 4'Pîrlpu ayail^'pu àgîr^ les .Pi^ùésieii^ é\9JmtA»r^'l^lf\çnç(,q}^ lj^3 i^fjgïjiis aûi Q'uk^^^^ ".^|

M6 LA PRBIfliRE RISTÀURATIOlf

Sd Grouchy avait empêché les Prussiens de se réunir. Je 18, à Wellington, les Anglais étaient écrasés à Waterloo. Aceande abdleittioii de PEmperear (83 Juin 1815).

— La retraite fut désastreuse comme celle de Leipzig et de Moscou ; rien n^ayait été préparé pour un revers : tout le matériel fut perdu. De Laon où Tarmée commença à se rallier, Napoléon partit pour Paris. Il entra dans la capitale à minuit, et s'établit à TElysée. Il comptait sur le patriotisme des

Palfiis de TSlysée.

Chambres, c Qu'on me seconde, disait-il, et rien n'est perdu. » Mais Fouché, ministre de la police, fit courir le bruit que rEmpereur méditait un 18 brumaire, et la Chambre des représentants, sur là motion de la Fayette, proclama la patrie en danger, appela la garde nationale à sa défense, et déclara coupable de trahison quiconque tenterait de la dissoudre.

Napoléon, stupéfait de cette attaque, essaya de rassurer les députés et fit appel à la concorde, t Je ne vois qu'un homme entre la paix et nous, dit la Fayette, nous avons asseï fait pour lui : notre devoir est de sauver la.patrie. » Un message fut envoyé à ^Empereur pour lui demander son abdication. Napoléon s'y résigna. « Français, dit-fl, je m'olEre en saoi*

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