‹ Histoire de France (volume 5)Chapitre 60 sur 64 · ET LBS GENT-JOURS · texte numérisé non relu

ET LBS GENT-JOURS

fice à la haine des ennemis de la France; ma vie politique est terminée : je proclame mon fils, Napoléon 11, Empereur des Français. »

L^assemblée accepta cette déclaration, sans toutefois prononcer le nom de Napoléon II qui était alors entre les mains des Autrichiens. On nomma un gouvernement provisoire, et une commission spéciale fut chargée de négocier avec les alliés. Mais ceux-ci refusèrent toute offre de paix. Wellington et Blûcher marchaient précipitamment sur Paris. Cette

L'Élysée (jardin).

pointe était fort imprudente : les débris de Waterloo, le corps intact de Grouchy s'étaient concentrés près de la capitale, où, rejoints par de nombreux renforts, ils formaient une armée de 100000 hommes. Plus de 60 000 gardes natio» naux et ouvriers défendaient la ville, qu'on avait fortifiée du côté du nord. L'armée ennemie se trouvait moins nombreuse que la nôtre; mais le président du gouvernement provisoire, Fouché, voulait porter au trône la branche cadette des Bourbons, ou, s'il n'y pouvait réussir, revenir à la branche aînée.

Quand Napoléon offrit de se mettre à la tète des troupes en montrant combien il était facile d'écraser au moins ce

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#ailB4é*AélèBe, h^ Meriaôé d'être iihriré k IMdemi, Nàpokoa t paiftit 'pour' Roohelforl^ pletaisahi •ehérober i un asile ' imk lÉ^ts^Unis^ ^aia . iou8> les passades > étaient gardés; Hipfès 4e klngues iii€eirUiude&, i^^e frentlit àtbord.diiivais9eau<an^iÂ3 le^BeUtàrùphons'^i éerixil au rëg»iH>é)Angleterf8 ^et€e lelitre ddinirablatlc AUesBeBoi^alejieù.Jputle'àukiaetioos quiidiidsent mon pays et à Tinimitié des grandes puissances de TEurope, j'ai terminé ma carrière poli%ue, et je vieaSj^jynrae Thémistocle, m'asseoir au foyer du peuple britan me mets sous la protection de ses lois, que je Votre Altesse Royale, comme du plus puissant, du ] stant et du plus généreux de mes ennemis. » Le ment anglais traita en prisonnier de guerre l'ho venait si noblement réclamer son hospitalité, L'Emp conduit dans l'île Sainte-Hélène, au milieu de l'Ai sous un ciel brûlant, à 500 lieues* de toute terre. En disparaîlre la côte de France du pont du Bellérophont^ cria : « Adieu, terre des braves! adieu, chère France ques traîtres d^ moins, et tu serais encore la grande ] la maîiresse du monde! » Cri de douleur, non de jus ' les défaillances de la dernière heure avaient été é portance sur sa destinée, et nos malheurs ne ventieq la trahison, mais de ses fautes.

Comme si ce n'était pas assez d'un climat meurtrie douleurs de la solitude et de l'inaction, pour le génie ardent qui, durant quinze années^ avait jétonné le monde, le ministère anglais sembla prendre à tâche de tuer lentement, à farcjç. d'qutçage^j l'imufortel captif. Napoléon ejïi^ura ces torture^ avec, calme et çlignité. fl ne songea qu'à la postérité, et il, occupa les.mornas loisirs de sa prison èi dicter l'histoire de ses^ campâmes, . Après, six années^ qui furent six années de SQ^ffrances poral^s et .de privations matérielles, il mourut à Longwoqd» le ^ inai là^l, à quatre heures du matin, enveloppé dans .son manteau d^ bataille, tandis qu'un ouragan des trppi(j[ue3 déchaînait sa fi|reuràur l'île et y déracinait qvelques-uos des, plus grands arbres c comme si l'esprit de^ orages, porté sur les ailes du.vént, "courait apprendre au

. 1. Jo:Kphine av4it acheté la MalmaisoQ 6tk,il92.

ET LES CBNT-JOPRS (1814-^1815). '6Ci]9

i|ipii4o quluo'être puieisajat venait de descendre. éana les aoinbres abîmes de la nature. »

Le long martyre de Napoléon à Saint-Hélène Ta grandi encore, en lui donnant la seule consécration qui lui manquât : celle du malheur*. Ce rocher fut comme Tautel où le héroB pas$a demi-dieu. Une popularité inunense s'attacha à. son nom, môme parmi le^ nations les plus, lointaines *, et, en ap- ^prenant sa mort, Icurd HoUand s'écria au milieu du par)ea3ient

La Maimaisuu.

anglais : c L'univers porte le deuil dû héro's. » ïl avilit luilùême prévu ce que gagnerait auprès des peuples le captif des rois : t Si je meurs sur la croix, diâiait-il, et que mon fils vive, il arrivera. '»' ^ ur. *

' Vrattés de 1815. — Dans le naufrage de rEmpiTe, peu 8*en faUut que la France ne pérît: Ni la Chambre ni le gouvernement ne surent défendre Paris. Davôut, le miniâtre de la guerre, s'entendit avec Fouché, le génie personnifié de l'intrigue, et le héros d^Auerstaedt et d'Ecteiûhl capitula de^ ^

cîmenf/or/irteS et les mannscrUs Se str Budfon towe, 4 vol. ^

vaut Blûchw, malgré une énergique adresse de dix-sept généraux qui voulaient continuer la lutte, malgré Tardeur des troupes qui voulaient combattre encore. Il signa une convention par laquelle Tarmée française dut se retirer derrière la Loire sans brûler une amorce. Les alliés prirent possession de Paris comme d'une ville conquise. Blûcher voulait faire sauter le pont d'Iéna et renverser la colonne de la grande armée. Le musée du Louvre fut dépouillé des chefs-d^œuvre que la victoire y avait entassés ; nos bibliothèques, nos collections précieuses furent mises au pillage. Mais la France entière ne Tétait-elle point par les 1 200 000 étrangers accourus à la curée ?

La Chambre des députés avait pensé que Ton compterait avec elle ; les alliés fermèrent la salle des séances, et rétablirent Louis XVIII sur son trône. Cette seconde restauration coûta cher à la France. Il fallut d'abord payer aux alliés 100 millions, puis une autre indemnité de guerre de 700 millions, et encore 370 millions de réclamations particulières. Ce n'est pas tout: 150000 soldats étrangers restèrent pendant trois ans sur notre sol, entretenus et nourris à nos frais pour faire la police de TEurope en France. Enfin, le traité de Paris (20 novembre) nous enleva Philippe ville, Marienbourg, le duché de Bouillon, Sarrelouis et le cours de la Sarre, Landau, plusieurs communes du pays de Gex, et la Savoie que le traité de 181<fc nous avait laissée; en tout 534 000 habitants. On nous ôta le droit de tenir garnison dans la principauté de Monaco, en avant du Var, et les fortifications d'Huningue durent être détruites, sans pouvoir jamais être relevées. Cette ville avait mérité ce sort par l'héroïque défense qu'y avait faite une garnison de 135 hommes, du 25 juin au 27 août. Auxonne n'avait aussi capitulé qu'à cette date, 55 jours après la seconde capitulation de Paris.

Ainsi après vingt-cinq ans de victoires, le territoire national se trouvait moins étendu, sur certains points, qu'il ne l'était un siècle plus tôt, à la fin du règne de Louis XIV; et pendant ce siècle, les autres puissances avaient toutes démesurément augmenté leurs forces. La Prusse était devenue, de simple électorat, une grande monarchie; la Russie, qui alors naissait à peine, était un colosse ; l'Angleterre avait gagné aux Indes cent millions de sujets et avait saisi l'empire de rOcéan : la France n'était donc pas afifeiblie seulement de ce qu'elle perdait, mais de tout ce que ses rivaux avaient gas^né.

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