‹ Histoire de France (volume 5)Chapitre 6 sur 64 · La réforme et la Ligue en Anjouy par Mourin · texte numérisé non relu

La réforme et la Ligue en Anjouy par Mourin

2. A cette liste, il faudrait joindre le vicomte d'Orte, à Bayonne. Mais la lettre fameuse qu'on lui attribue ne se trouve que dans d'Aubigné, et parait, en raison du caractère et des actes du personnage, peu pro* hàbie.

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point de la perfidie que vous avez supportée?— Cela, répondit l'autre, ne dérogerait-il pas à ce que je vous dois?— Nod, je veux tous braves, amis et ennemis. » Et il s'en alla lui faisant présent du cheval sur lequel il l'avait amené. Ces traits reposent et consolent du spectacle des lâches trahisons de la cour.

On peut compter l'Hôpital comme une des victimes de cet effroyable coup du fanatisme. Une Aies bandes d'assassins du duc d'Anjou était arrivée près d'Étampes , à Vignay, où le chancelier vivait retiré avec sa famille. On le conjurait -de se cacher, il refusa. «Non, non, dit-il, et si la petite porte n'est baslante (suffisante) pour les faire entrer, ouvrez la grande. » Les assassins allaient pénétrer dans le château, quand d'autres cavaliers accoururent et les arrêtèrent. Leur chef dit au vieillard que t sa mort n'était point conjurée, mais pardonnée. — J'ignorais , reprit-il , que j'eusse mérité ni mort ni pardon ! » La douleur et la honte remportèrent six mois après; il mourut en répétant : t Périsse à jamais le souvenir de ce jour exécrable! »

Quatrième f^aerre eWile ; paix de la Boehelle (159 3). — Ce grand crime fut inutile, comme les crimes le sont tou • jours. Les protestants avaient perdu leurs chefs ; le premier ' moment de stupeur passé , ils reprirent les armes dans plusieurs villes avec une rage désespérée. L'armée royale s'en aperçut aux sièges de Sancerre et de la Rochelle.

Les pafysans réfugiés dans la première de ces villes n'ayant rien pour combattre, avaient fabriqué des frondes, et s'en servirent avec tant d'adresse et de vigueur qu'ils remirent un moment en honneur ces vieilles armes, qu'on appela alors les arquebuses de Sancerre. Le duc d'Anjou commandait devant la Rochelle et ne sut pas la prendre , quoiqu'il fût accompagné de son frère , de tous les princes, de la plupart des grands et de presque toute la noblesse de cour. Le roi de Navarre, le prince de Condé avaient été forcés de le suivre, d'assister ceux qui venaient d'égorger leurs frères et qui voulaient en exterminer les restes. Mais cinquantesept ministres enfermés dans la place y entretenaient l'enthousiasme religieux; Nîmes , Montauban , cent autres villes où les protestants dominaient , avaient fermé leurs portes. En môme temps la reine voyait au milieu des catholiques beaucoup de gens sinon favorables aux calvinistes, du moins ennemis des Guises, de leur ambition et de leur furieuse in-

40 CHARLES a (1560-1574).

tolérance. Montmorency et ses frères n^étaient pas à Parmée royale; ils commençaient le tiers parti, qui bientôt va se montrer à découvert.

Prêt pour l'assassinat, on ne Pavait pas été poivla guerre. Les ressources furent épuisées plus vite que le courage des Bochelois. Après quatre assauts, on n'était pas plus avancé qu'au début ; le duc d'Anjou, pressé d'aller prendre sa couronne de Pologne, entra en négociation et Charles IX fut forcé d'accorder aux protestants, par la paix de la Rochelle, la liberté de conscience, au moment même où il recevait, pour la Saint-Barthélémy, les bruyantes et enthousiastes félicitations des cours de Rome et d'Espagne.

Mort de C)harle» IX (1694 ). — La honte de ce revers, le remords, les emportements d'un caractère fougueux et les violents exercice de la chasse, auxquels il se livrait avec frénésie, minèrent le jeune roi. Une horrible maladie le consumait ; il était fréquemment atteint de convulsions, d'accès de délire furieux, au milieu desquels le sang lui sortait par les pores, par le nez, par les oreilles. Des visions sanglantes l'efihiyaient, et il entendait dans l'air des cris lamentables. La nuit qui précéda sa mort, les médecins avaient fait retirer tout le monde de sa chambre, a hormis trois, savoir : la Tour, Saint-Prix et sa nourrice, que Sa Majesté aimait beaucoup, encore qu'elle fût huguenote. Comme elle se fut mise sur un coffre, elle commençait à sommeiller; ayant entendu le iroi se plaindre, pleurer et soupirer, elle s'approcha tout doucement du lit, et, tirant sa custode, 1er roi commença à lui dire, jetant un grand soupir et larmoyant si fort que les san-*. glots lui coupaient la parole : « Ah! ma nourrice, ma mie, a que de sang et de meurtres 1 Ah ! j'ai suivi un méchant c conseil. Mon Dieu 1 pardonnez-les-moi, je suis perdu, je le t sens bien I i Alors la nourrice lui dit : « Sire, les meur- « très et le sang soient sur ceux qui vous les ont fait comc mettre, et puisque vous n'y prêtez pas consentement, « croyez que Dieu ne vous les imputera pas et les couvrira « du manteau delà justice de son fils; mais pour l'honneur « de Dieu, que Votre Majesté cesse de larmoyer, i Et sur cela lui ayant été quérir- un mouchoir pour ce que le sien étoit trop mouillé de larmes, après que Sa Majesté l'eut pris de sa main, lui fit signe qu'elle s'en allât et le laissât reposer. » (L'Estoile.)

Ce roi homicide, qui meurt à vingt-quatre ans, l'esprit

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