‹ Histoire de FranceChapitre 14 sur 82 · POPULATIONS PRIMITIVES *, MOEURS ET COUTUMES · texte numérisé non relu

POPULATIONS PRIMITIVES *, MOEURS ET COUTUMES

soit de ses voisins, soit du bruit public, quelques nouvelles intéressant la cité, doit en informer le magistrat, sans la communiquer à nul autre, l'expérience leur ayant fait connaître que souvent les hommes imprudents et sans lumière s'effrayent de fausses rumeurs, se portent à des crimes et prennent des partis extrêmes. Les magistrats cachent ce qu'ils jugent convenable, et révèlent à la multitude ce qu'ils croient utile. C'est dans l'assemblée seulement qu'il est permis de s'entretenir des affaires publiques. »

Industrie. — Les Phéniciens et les Grecs avaient appris aux Gaulois l'art d'exploiter les mines, et les Édues (peuple de la Bourgogne) eurent des fabriques pour l'or et l'argent; les Bituriges (peuple du Berry), pour le fer. Ce dernier peuple trouva môme l'art, resté traditionnel chez lui et chez ses voisins les Avernes (peuple de l'Auvergne), de fixer à chaud rétain sur le cuivre. Les Édues inventèrent le placage. Ils ornaient ainsi les moss et les harnais des chevaux. Le roi Bituit avait un char tout plaqué d'argent. « La Gaule ne marqua pas moins, dit un habile historien des Gaulois, dans l'art de tisser et de brocher les étoffes; ses teintures n'étaient pas sans réputation. En agriculture, elle imagina la charrue à roues, le crible de crin et l'emploi de la marne comme engrais. Les Gaulois composaient diverses sortes de boissons fermentées, telles que la bière d'orge et la bière de froment mêlée d'hydromel. Toutefois ils ne paraissent avoir cultivé le froment qu'au temps d'Auguste. Bien qu'ils eussent peu de vin, on leur attribuait l'invention des tonneaux propres à le conserver. » Nous avons encore de leurs médailles. Sur quelques-unes on voit un cheval sans bride, ou un sanglier, double symbole de liberté et de guerre.

Commerce. — Il ne pouvait être fort actif, car il y avait peu d'objets d'échange. Cependant les Séquanes (Franche- Comté) envoyaient, sur la Saône, leurs salaisons^à Marseille, d'où elles se répandaient dans l'Italie et la Grèce. La Gaule exportait aussi de gros -draps, et avait avec l'île de Bretagne d'assez nombreuses relations dont le centre était à Corbilo, à l'embouchure de la Loire.

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