LES DERNIERS CARLO VINGIENS ET LES DUCS DE FRANCE
Faiblesse de la royauté. — Il n'y avait pas trois quarts de siècle que le glorieux fondateur du second empire d'Occident était couché dans les caveaux de sa basilique d'Aix-la- Chapelle, et déjà il n'y avait plus d'Empire ni d'Kmpereur; la royauté même avait signé à Kiersy son acte d'abdication. Le roi de France n'avait guère qu'un titre. Ce titre sans pouvoir fut cependant l'objet d'une longue convoitise. Le dixième siècle fut rempli par la querelle des deux maisons qui se disputèrent la chétive couronne des derniers descendants de Charlemagne; discordes doublement fatales, car elles favorisèrent les invasions de nouveaux barbares et les progrès de la féodalité !
Élection d'En des, duc de France (887-898). — Après la déposition de Charles le Gros, on élut pour roi le comte Eudes, qui, naguère, avait si bien défendu Paris contre les Northmans, et qui, en récompense, avait reçu de l'Empereur le duché de France, ou avait été confirmé par lui dans la possession de ce grand fief. Il était fils, en effet, de ce Robert le
1. Ouvrage» à consulter : l'Histoire de l'Église de Reims et la Chronique de Frodoard ; YHistoire du Moine Richer , dont le manuscrit a été récemment retrouvé ; le I« livre de la Chronique de Raoul Glaber; les Lettres sur l'Histoire de France, de M. Aug. Thierry.