LES DERNIERS CARLOVINGIENS
en 95^, à l'âge de Zk ans, par un accident de chasse, « sa vie pleine d'angoisses et de tribulations. » Hugues le Grand, son beau-frère, ne voulut pas encore de cette couronne de France qu'il eût pu prendre aisément ; il la donna à son neveu Lothaire, fils de Louis. Ce prince ne laissa pas de montrer quelque vigueur : les prétentions d'Othon à restaurer l'Empire rallièrent autour du roi de France les grands vassaux de plusieurs pays, dont toute la tactique visait alors à empêcher, soit en France, soit en Germanie, le retour de l'ancienne puissance impériale, qui les eût fait reculer de tout le chemin qu'ils avaient fait dans la voie des usurpations depuis le temps de Gharlemagne. La Lorraine fut dans ce cas. Les seigneurs de ce pays appelèrent Lothaire pour l'opposer à Othon ; Hugues le Grand n'était plus, mais son fils, Hugues Gapet, était dévoué à Lothaire, qui avait acheté assez chèrement cette fidélité de la maison de France en lui donnant la Bourgogne, qu'elle garda, et l'Aquitaine qu'elle ne put prendre. Lothaire pénétra jusqu'à Aix-la-Ghapelle et faillit enlever l'Empereur. Othon, à son tour, vint jusqu'à Paris en ravageant le pays, mais sa retraite fut désastreuse, et presque toute son armée périt sur les bords de l'Aisne. C'était beaucoup pour Lothaire d'avoir tenu tête à un aussi puissant monarque ; obligé d'abandonner la haute Lorraine (980), il obtint du moins pour son frère Charles le duché de nasse Lorraine ou de Brabant. Il mourut en 986. Son fils, Louis V, périt Tannée suivante d'une chute de cheval, avant d'avoir rien fait dont l'histoire puisse garder le souvenir, ce que les anciens chroniqueurs expriment en lui donnant le surnom de fainéant. Avec lui finit en France la race des Carlovingiens.
Les derniers descendants de Charlemagne avaient montré plus d'activ ité et de courage que les derniers descendants de Clovis, et ils méritaient de mieux finir. La cause de leur impuissance fut la misère profonde où ils tombèrent par suite de l'hérédité des fiefs. On a vu qu'ils étaient réduits à ne posséder plus que la petite ville de Laon. Comme ils n'avaient rien pour payer un service, ni terres, car ils n'avaient pas de domaines; ni argent, car ils n'avaient pas d'impôts publics ; ni fonctions, la féodalité ayant tout pris, ils furent peu à peu abandonnés. Dans leur isolement, ils cherchèrent appui au dehors ; ils se firent les amis de l'étranger. Les invasions des Allemands, en leur faveur, achevèrent de ruiner leur cause et préparèrent le paisible avènement d'une dynastie nouvelle, plus française, plus nationale.
TABLEAU GÉNÉALOGIQUE DES ROIS DE LA SECONDE RACE. (La date qui suit chaque nom est celle de la mort.) Pépin de Landen, 639. Saint Arnulf, 640.
Grimoald, 656.
Anségise, 678.
Childebert III , 656. Pépin dHéristal, 714.
Charles Martel, 741.
I ,1 Carloman, 747. Pépin le Bref, 768.
Charlemagne, 814. Carloman, 771.