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CatneUrale ue Lyon.
en étaient venues à juger beaucoup plus de causes civiles que les tribunaux laïques.
Victoire de Tailleliourç (1212); traités de 1258 et
1259. — Cet homme, qui parlait si fermement, agit de même quand il fut forcé de prendre les armes. Attaqué en*! 242
par les Anglais , qui favorisèrent la révolte de quelques-uns de ses barons, saint Louis les battit à Taillebourg et à Saintes. Peut-être serait-il venu à bout de les chasser de France; il refusa de pousser sa victoire. Les acquisitions faites depuis un demi-siècle avaient triplé l'étendue du domaine royal; mais elles lui semblaient entachées de violence. C'était le profit de deux confiscations. Par scrupule de conscience, il laissa au roi d'Angleterre, en vertu d'un traité qui ne fut signé qu'en 1259, à son retour de la croisade, le duché de Guyenne, c'està-dire Bordeaux, Limoges, Périgueux, Cahors, Agen, la Saintonge au sud de la Charente, et la Gascogne, à charge d'hommage envers la couronne. Afin de prévenir les parjures, il obligea les seigneurs qui tenaient des fiefs des deux couronnes à opter entre les deux souverains. La limite était également incertaine au sud. Il la fixa par un traité avec le roi d'Aragon, et le comté de Barcelone cessa de relever de la couronne de France (1258).
Concile œcuménique de Lyon (1245). — En 1245, le pape Innocent IV, chassé d'Italie par l'empereur Frédéric II, vint se réfugier a Lyon et y tint dans la grande église de Saint- Jean, cathédrale de cette ville, le treizième concile œcuménique, auquel assistèrent 140 évêques. Le pape y déposa solennellement l'empereur et exhorta les princes chrétiens à marcher à la délivrance du saint sépulcre. Les chrétiens de Palestine avaient été, l'année précédente, écrasés par les Kharizmiens à la journée de Gaza, et Jérusalem était de nouveau tombé aux mains des infidèles.
Première croisade de saint Louis (124=8-12541); «loin ville. — Saint Louis n'avait pas attendu l'appel des pères du concile pour prendre la croix. Durant une maladie qui le mit aux portes du tombeau en 1244, il fit vœu d'aller en terre sainte. Sa mère et ses conseillers combattirent en vain cette résolution imprudente. Louis laissa de nouveau le pouvoir à la reine Blanche et s'embarqua à Aigues-Mortes, petite ville qui communiquait alors, comme aujourd'hui, par un étang, avec la Méditerranée, et que le roi acheta aux moines de l'abbaye de Psalmodi, afin d'avoir un port à lui sur cette mer; car Marseille appartenait à son frère, le comte de Provence. Beaucoup de croisés s'embarquèrent pourtant dans cette dernière ville, entre autres le sénéchal de Champagne, l'ami du roi, le sire de Joinville, qui est avec Villehardouin le premier en date, comme en mérite, de nos anciens prosa-
teurs. Ce n'était pas sans quelques regrets qu'il avait consenti à suivre son maitre. En descendant à Marseille , il repassa devant son château. « Mais, dit-il, je n'osai oncques tourner la face devers Joinville, de peur d'avoir trop grand regret et que le cœur ne me faillit de ce que je laissois mes deux enfants et mon beau chastel de Joinville que j'avois fort au cœur. » Sur les bords du Rhône, il vit un château c que le roy avoit fait abattre, pour ce que le sire avoit grand bruit de mauvais renom, de destrousser et piller tous les marchands et pellerins qui là passoient. »
Joinville raconte encore avec la plus charmante naïveté son
Porte d'Aigues-Mortes.
embarquement et la grand'peur que la mer lui fit : c Nous entrasmes au mois d'août celui an, en la nef, à la roche de Marseille, et fut ouverte la porte de la nef pour faire entrer nos chevaulx, ceulx que nous devions mener oultre mer. Et quand tous furent entrez, la porte fut reclouse et estouppée, ainsi comme l'on vouldroit faire unrtonnel de vin : pour ce quant la nef est en grand mer toute la porte est en eauë. Et tantost le maistre de la nauVécria à ses gens qui estoient au bec (la proue) de la nef : « C'est votre besongne preste. Sommes-nous « à point? » Et ils dirent que oy vraiment. Et quand les prebstres et clercs furent entrez, il les fist tous monter au chasteau de la nef, et leur fist chanter au nom de Dieu, que nous voul-
312 saint LOUIS (1226-1270).
sist bien conduire. Et tous à haulte voix commencèrent à chanter ce bel hymne : Veni, Creator spiritus, tout de bout en bout, et en chantant, les mariniers firent voile de par Dieu. Et incontinent le vent s'entonne en la voile , et tantost nous fist perdre la terre de vue, si que nous ne vîmes plus que le ciel et la mer; et chascun jour nous esloignasmes du lieu dont nous étions partiz. Et par ce, veux-je bien dire, que icelui est bien fol, qui sut avoir quelque chose de l'autrui, et quelque péché mortel en son âme, et se boute en un tel danger. Car si on s'endort au soir, l'on ne sait si on se trouvera le matin au sous de la mer. *
Quand cinq siècles plus tard, les soldats de la France suivaient sur les mêmes flots un grand capitaine, chaque soir se réunissaient autour de lui, à bord de l'Orient, les généraux, les savants qu'il avait amenés, et des discussions ingénieuses ou érudites sur la science ou les lettres, charmaient les ennuis de la longue traversée. A bord du vaisseau de saint Louis il n'y avait pas tant de science ; on causait pourtant aussi , on discutait, et la différence des temps ne se marque nulle part plus clairement que dans les préoccupations si contraires de ces hommes de deux âges , de ces pèlerins de la foi et de la science. « Sénéchal, dit un jour le roi, quelle chose est-ce que Dieu? — Sire, c'est si souveraine et si bonne chose, que meilleure ne peut être. — Vraiment, c'est moult bien répondu, car cette réponse est écrite en ce livret que je tiens en ma main. Autre demande vous ferois-je; savoir : Lequel vous aimeriez mieux être lépreux et ladre, ou avoir commis un péché mortel? — Et moi, dit Joinville, qui oncques ne lui voulut mentir, je lui répondis que j'aimerois mieux avoir fait trente péchés mortels que d'être lépreux. Quand les frères furent départis de là, il me rappela tout seul et me fît seoir à ses pieds et me dit : « Comment avez-vous osé dire ce que vous m'avez dit? » Et je lui réponds que encore je le dirois. Et il va me dire : « Ha fou musart, musart, vous y êtes déçu ; car vous savez « qu'il n'est lèpre si laide que d'être en péché mortel. Et vous « prie que, pour l'amour de Dieu, premier, et pour l'amour € de moi, reteniez ce dit en votre cœur. »
Saint Louis avait fait réunir pendant deux années de grandes provisions dans l'Ile de Chypre. L'armée partit de là sur 1800 vaisseaux, grands et petits, pour l'Egypte. Damiette, à l'une des bouches du Nil, fut enlevée (7 juin 1249), mais on perdit un temps précieux avant de marcher sur le Caire. Cinq
mois et demi de retard rendirent le courage aux mameluks. Les croisés mirent un mois à parcourir les dix lieues qui les séparaient de la ville de Mansourah. Un combat mal engagé dans cette place même coûta la vie à un grand nombre de chevaliers et au comte d'Artois, frère de saint Louis. Quand le prieur de l'Hôpital, dit Joinville, vint demander à saint Louis t s'il savoit aucunes nouvelles de son frère, » le roi lui répondit que « Oui, bien ! c'est à savoir s'il savoit bien qu'il étoit en paradis. » Le prieur essaya de le reconforter en faisant l'éloge de la valeur qu'avait montrée le prince, de la gloire qu'il avait acquise en ce jour : « et le bon roi répondit que Dieu fût adoré de tout ce qu'il avoit fait. Et lors lui commencent à cheoir grosses larmes des yeux à force, dont maints grands personnages qui virent ce, furent moult oppressés d'angoisse et de compassion» (fév. 1250).
Bientôt l'armée fut enveloppée par les ennemis et décimée par la peste. Joinville en fut bien malade « et pareillement l'étoit son pauvre prêtre (chapelain). Un jour advint ainsi qu'il chantoit messe devant le sénéchal couché dans son lit ; quand le prêtre fut à l'endroit de son sacrement, Joinville l'aperçut si très-malade, que visiblement il le voyoit pâmer. » Le sénéchal se leva et courut le soutenir ; « et ainsi acheva-t-il de célébrer sa messe, et oncques puis ne chanta et mourut. » Il fallut se rendre (avril), a Le bon saint homme de roi » honora sa captivité par son courage et inspira à ses ennemis mêmes le respect de ses vertus. Ils le relâchèrent pour une grosse rançon. Libre, il passa en Palestine où il resta trois années, employant son ascendant et son zèle à maintenir la concorde entre les chrétiens, et ses ressources à réparer les fortifications des places qu'ils occupaient encore. /M. /,.
Croisade de* pastoureaux (1251 y. — La nouvelle de ces désastres ne fit qu'aci roitre en France la popularité du roi ; on ne voulut pas voir ses fautes comme général , on ne pensa qu'aux vertus qu'il avait montrées. Les prélats et les seigneurs L abandonnent et le trahissent, disait-on, c'est aux petits à le délivrer; et une foule innombrable de serfs, de paysans, s'assemblèrent pour passer la mer et aller au secours du roi. Ce fut la croisade des pastoureaux; mais ces gens vécurent, sur la route, de pillage; des meurtres furent commis; il fallut sévir contre eux. On les chassa comme des bêtes fauves.
Hetour de Louis en France (1254). — La nouvelle de I 18
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la mort de la régente (décembre 1252) rappela enfin Louis en France. En passant près de Chypre, la galère du roi toucha contre un rocher « qui emporta bien trois toises de la quille. » On conseillait à Louis de passer sur un autre navire : a Si je descends de la nef, dit-il, cinq ou six cents personnes qui sont céans, et qui aiment autant leurs corps comme je fais le mien, n'oseront rester après moi, descendront dans l'île de Chypre et jamais n'auront plus espoir ni moyen de retourner en leurs pays. J'aime mieux mettre moi, la reine et mes enfants en danger et en la main de Dieu que de faire un tel dommage à si grand peuple. » (Joinville.) Belles paroles! Belle action!
Administration de saint Louis. — La royauté capétienne avait fait de tels progrès, que nul seigneur n'eût alors osé dire à ses vassaux : « Venez-vous-en guerroyer sous ma bannière contre le seigneur roi, » bien que ce droit anarchique fût encore reconnu par saint Louis même dans ses Établissements, ou corps de lois écrites pour ses domaines. Les comtes de Flandre et de Bretagne et le duc de Guyenne étaient les seuls à peu près qui ne fussent pas descendus à la condition de vassaux dociles; mais la féodalité conservait encore d'immenses prérogatives. Saint Louis les attaqua au nom de la justice et de la religion.
Entraves mises aux guerres privées et au duel Judiciaire. — Les guerres privées furent à peu près interdites par l'établissement de la quarantaine le roy qu'on attribue aussi à Philippe Auguste (voy. p. 302) et par Y assurément qu'une des parties pouvait réclamer de l'adversaire ou du suzerain ce qui obligeait de remettre la décision non plus aux armes mais à un tribunal. Comme chrétien, saint Louis ne voulait pas de ces guerres qui envoyaient à Dieu tant d'âmes mal préparées à comparaître devant lui. Comme prince, il voulait arrêter la dévastation des campagnes, « les incendies et les empêchements donnés aux charrues. » Il défendit dans ses domaines, en matière civile, le duel judiciaire \ qui livrait le droit au hasard de la force et de l'adresse. La justice du roi fut ainsi mise à la place des violences individuelles, et les
1. Le duel judiciaire, coutume importée en Gaule par les Germains, était un combat entre l'accusateur et l'accusé. Dieu étant supposé le juge de ces combats, la défaite prouvait le crime, la victoire l'innocence. Le vaincu était traîné du champ clos au bûcher ou à la potence. On comprend que tant que prévalut l'usage du duel judiciaire, l'ancien droit royal de recevoir l'appel n'existait pas. Il ne pouvait y avoir recours contre le jugement de Dieu,
preuves par témoins, les procédures par écrit remplacèrent les batailles en justice, car c bataille n'est pas voie de droit. »
Appels et cas royaux. — Les seigneurs rendaient la justice sur leurs terres. Si le vilain ne pouvait fausser jugement, le vassal avait le droit d'en appeler au suzerain de la sentence de son seigneur : <r pour défaute de droit, » quand le seigneur refusait de rendre justice , pour faux jugement, quand le condamné croyait avoir été lésé par une sentence injuste. Or, le roi favorisa l'usage d'en appeler directement à sa cour, ce qui subordonnait les justices seigneuriales à la sienne. Le duc de Bretagne conserva seul le dernier ressort. Quand une cause portée devant une justice seigneuriale intéressait le roi, à quelque titre que ce fût, le bailli élevait le conflit, comme nous dirions aujourd'hui, et revendiquait le jugement , le roi ne pouvant être justiciable d'un seigneur. Ces causes étaient les cas royaux. 11 était facile de les multiplier; on n'y marqua point : autant d'enlevé à la justice des seigneurs, autant d'ajouté à la justice du roi.
La cour do roi et des légistes. — La justice royale était primitivement rendue par les principaux vassaux et les grands officiers de la couronne, qui formaient la cour du roi. Mais cette cour ayant à juger maintenant sur procédures écrites, fut peu à peu désertée des barons ignorants et laissée par eux aux conseillers clercs, aux légistes que la bourgeoisie fournissait. Ainsi les roturiers entraient dans la cour du roi ; ils y formeront bientôt presque seuls le parlement, qui sera jusqu'à la Révolution la tête du tiers état, et comme la forteresse d'où partiront tous les coups contre la féodalité.
Justice du roi. — L'envoi dans les provinces de commissaires ou enquesteurs royaux, usage renouvelé de Charlemagne, de sages ordonnances sur l'administration, la réforme des monnaies et la police des corps et métiers, prouvent combien sa sollicitude pour le bien général fut vive et soutenue. Ni le rang ni la naissance n'étaient pour lui une excuse. Charles d'Anjou, son frère, s'étant emparé, en le payant, d'un bien dont le possesseur ne voulait pas se dessaisir, Louis l'obligea de le restituer. Un des plus puissants seigneurs du royaume, le sire de Coucy, avait fait pendre trois jeunes gens pour délit de chasse. Tout le baronnage sollicitait pour lui. Il le condamna à une énorme amende. Un seigneur s'écria ironiquement : « Si j'avais été roi, j'aurais fait pendre tous les barons, carie premier* pas fait, le second ne coûte rien. » Le roi
l'ayant entendu le rappela : « Gomment, Jean, vous dites que je devrois faire pendre mes barons? Certainement je ne le ferai, mais je les châtierai s'ils méfont. »
Cette réputation d'équité du bon roi était si bien assise que les barons arglais, soulevés, contre leur prince, prirent Louis pour arbitre de leurs différends, exemples suivis par les comtes de Bar et de Luxembourg. Mais pour les hérétiques, il ne se croyait plus tenu de suivre les inspirations de son cœur. « Aucun, disait-il, s'il n'est grand clerc et parfait théologien, ne doit disputer avec les juifs, mais doit l'homme laïque, quand il ouït médire de la foi chrétienne, défendre la chose non pas seulement de paroles, mais à bonne espée tranchant et en frapper les mécréants à travers du corps tant qu'elle y pourra entrer. » Il punissait les blasphémateurs en leur faisant percer la langue d'un fer rouge.
Pragmatique sanction (1268). — La piété de LouisIX, qui l'a fait mettre au rang des saints, ne l'empêcha pas de publier la prag>natique sanction, première base des libertés de l'Église gallicane vis-à-vis du saint-siége La liberté des élections canoniques y était confirmée et les impositions que la cour de Rome pouvait mettre sur les églises de France y étaient restreintes aux nécessités urgentes; elles ne purent être faites que de l'aveu du roi et du clergé.
Affaiblis**» ment des communes. — Saint Louis aimait à rappeler que, durant sa minorité, poursuivi jusque sous les murs de Paris par des vassaux rebelles, il avait été sauvé par les milices de la cité sorties à son secours. Aussi ses relations avec les villes furent-elles réglées par un grand esprit de justice. Il confirma beaucoup de chartes et en corrigea quelquesunes. Mais l'indépendance communale ne lui semblait pas meilleure que l'indépendance féodale, et il favorisa la transformation des communes en villes royales, celles-ci dépendantes et surveillées par le pouvoir suprême, tout en ayant à l'intérieur leurs chefs choisis par elles-mêmes dans de libres élections. Une ordonnance de 1256 prescrivit aux communes de désigner quatre candidats parmi lesquels le roi choisissait le maire, qui chaque année devait venir à Paris rendre compte de sa gestion financière. Enfin, il fut posé en principe qu'il appartenait au roi seul de faire des communes, et que toutes
I. De graves objections ont été faites contre l'authenticité de cette ordonnance.
lui devaient fidélité a contre toute personne pouvant vivre et mourir. » Ainsi les communes allaient disparaître, et avec elles les fiers sentiments, les fortes idées de droit et de liberté que nourrissaient les hommes qui les avaient fondées ou défendues; mais le tiers état commence.
Bourgeois dn roi. — C'est autour de la royauté que ce tiers état se forma. Par les appels, par les cas royaux, le roi avait étendu sa juridiction jusqu'au cœur des plus grandes masses féodales. Son influence y pénétra d'une autre manière. En s' avouant bourgeois du roi, un habitant d'une terre seigneuriale put se soustraire à la juridiction de son seigneur.
Commerce, Industrie, police. — L'abolition des guerres privées et l'ordonnance de saint Louis qui rendit les seigneurs responsables de la police des routes sur leurs seigneuries ramenèrent un peu de sécurité dans les campagnes. Une autre ordonnance sirgulièrement favorable au commerce fut celle qui donna cours à la monnaie royale dans la France entière. A Paris, saint Louis institua le guet royal et fit rédiger par le prévôt, Étienne Boileau, les anciens règlements des cent métiers qui existaient dans cette ville, afin de mettre la paix et Tordre dans l'industrie comme il les mettait dans le pays. Plus tard, ces métiers se groupèrent en grandes corporations; au quinzième siècle, tous les marchands de Paris formaient six corps d'arts et métiers (voy. p. 325).
Dernière croisade de saint Louis. — En Tannée 1270, saint Louis entreprit une seconde croisade, où son fidèle Joinville refusa cette fois de. le suivre. Elle fut dirigée contre Tunis. Le roi périt de la peste sous les murs de la place avec la plus graitde partie de son armée. Il voulut mourir sur un lit de cendres. Naguère, dans une autre maladie qui l'avait mis aux portes du tombeau, il avait appelé son fils auprès de lui et lui avait dit : « Beau fils, je te prie que tu te fasses aimer du peuple de ton royaume, car vraiment j'aimerois mieux qu'un Écossois vint d'Écosse et gouvernât le peuple bien et loyalement, que si tu le gouvernois mal. »
Conquête de Naples. — Des Français avaient encore fait sous ce prince une grande expédition sans le concours de la royauté. Charles d'Anjou, comte de Provence, appelé par le pape contre le roi Manfred, fils de l'empereur Frédéric II, avait conquis en 1266 le royaume de Naples. Mais les latins avaient, cinq ans plus tôt, perdu Constantinople où les Grecs étaient rentrés. C'était aux conseils intéressés de Charles
d'Anjou qu'avait été due la direction donnée à la dernière eroisade, la soumission du bey de Tunis devant garantir la Sicile des courses continuelles des Sarrasins contre cette lie.
La Sainte-Chapelle, la Sorbonne. — Saint Louis avait fondé Fhospice des Quinze-Vingts pour les aveugles et plusieurs hôtels-Dieu, bâti la chapelle de Vincennes et la Sainte- Chapelle que nous admirons encore à Paris, près du Palais de Justice, autrefois le palais du roi. On y conservait la couronne d'épines que les Vénitiens lui avait cédée. Son confesseur, Robert de Sorbon, fonda la Sorbonne, qui devint une faculté de théologie si célèbre dans toute la chrétienté que M ezeray rappelle « le concile permanent des Gaules. »