‹ Histoire de France, Volume 13Chapitre 13 sur 96 · DON JUAN. — LES GRANDS JOURS · texte numérisé non relu

DON JUAN. — LES GRANDS JOURS

lui jeta le chapeau par terre. « Ramassez-le, lui dit le paysan, ramassez -le ; sinon, le roi vous coupera la tête aux Grands jours. » Le noble le ramassa.

Il n'y euf qu'un seigneur décapité, fort peu d'exécutions réelles, beaucoup sur le papier. Un d'eux, un meurtrier couvert de sang, brava le jugement, et fut banni seulement. Effet admirable et charmant des amitiés et des amours pour humaniser la justice. Les dames de Clermont se dévouèrent pour cette bonne œuvre. La scène est jolie dans Fléchier. Les chats fourrés n'y sont occupés que de. galanterie. Pendant ces ennuyeux procès de gens absents, ils ne perdent pas leur temps ; ils riment des vers à Iris. Cela ddf a trois mois, temps plus que suflSsant pour attendrir les belles. En janvier, couronnés de roses, pleures des dames auvergnates^ ces vainqueurs revinrent à Paris.

« Tout père frappe à côté, » dit la Fontaine. Ce jugement du roi sur les nobles fut si peu sérieux, que tel des plus coupables, chargé de crimes horribles, rentra, à la faveur des guerres, et devint lieutenant général dans les années du roi.

L'accord des deux noblesses, les égards des gens de robe pour la noblesse d'épée, parurent dans tout leur lustre. Colbert put voir le peu qu'on pouvait attendre des parlementaires. Les rudes magistrats du xvi® siècle n'existaient plus. Même ceux de la Fronde, mêlés au parti des Condés, avaient pris Tesprit de cour, les goûts, les manières des seigneurs. Ils vivaient aux belles ruelles, siégeaient peu (encore en bâillant), jugeaient au caprice des dames, de leurs nobles amis.

Les intendants, ces commis dictateurs, créés par Richeliea, furent l'instrument unique de Colbert. Administration, finances, travaux publics, mouvements des troupes, même affaires du clergé, tout passa par leurs mains. Ils dominèrent les Gouverneurs, les Parlements. Sous Colbert, ils prennent encore un pouvoir qu'ils n'eurent pas

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