GRANDEUR DU ROI
lions. C'est ce qu'exprime sa médaille, où, sous son emblème, un soleil, on lit : t Un pour plusieurs (royaumes). »
Le roi rentrait à Saint^Germain dans ces hautes pensées, quand l'ambassadeur de Hollande lui notifia respectueu* sèment ce qu'on appela la Triple alliance^ la ligue qui lui liait les mains. Son Charles II Tavait lâché. Il avait eu la main forcée par l'élan de l'Angleterre qui se joignait aux Hollandais.
La Suède, notre fidèle alliée depuis quarante années, nous lâchait également.
On fut surpris. Tout traité, en Hollande, devait être soumis aux villes qui en délibéraient. Mais de Witt, pour brusquer la chose dans ce péril, avait risqué sa tète. Il avait hardiment signé (23 janvier 1668).
Le curieux de l'affaire, c'est qu'elle semblait dirigée contre l'Espagne. On la menaçait pour la protéger. La Hollande lui parlait de sa plus grosse voix. Au contraire, elle priait le roi, lui adressait d'humbles demandes, le chapeau à la main. De Witt faisait entendre qu'il était tout Français, mais qu'il ne pouvait plus arrêter ce peuple, qu'il lui échappait, qu'il agirait sans lui. Le roi chicanait d'abord. Mais il se vit abandonné du Portugal même qu'il venait d'acheter par un subside énorme. La reine, une Française, y avait fait une révolution, s'était démariée, remariée, avait pris le trône. Cette Française elle-même tourne le dos à 1» France, tend la main à l'Espagne, son ennemie. Mais l'ennemi de tous, et celui que tous craignent, c'est désormais Louis XIV.
Le 2 mai 1668, il signe enfin la paix à Aix-la-Chapelle, et rend la Franche-Comté.
Il gardait la Flandre française ; la Hollande la gloire.
Elle triompha modestement par une simple médaille, sans phrase, et vraiment historique : « Les lois sauvées, les rois défendus et réconciliés, la paix conquise, la liberté des mers. »
CRÉATIONS DE COLBEBT. 105
Mais le monde malin imagina et répéta qu'une médaille toute autre avait été frappée, — hostile, hardie, véridique, après tout, — Josué et le soleil: Stetit sùl^ il s'est arrêté.