‹ Histoire de France, Volume 13Chapitre 42 sur 96 · GUERRE DE HOLLANDE. U · texte numérisé non relu

GUERRE DE HOLLANDE. U

belle. Dans un manifeste jdigne d*Âttila, il disait qu'il la punirait par le sac, l'incendie des villes. Quand le parti français, l'humble fils du bon Grotius, vint lui demander grâce, il n'en rapporta que le désespoir.

D'abord on refuse de le recevoir. Puis, on déclare que la paix n'est faisable qu'à trois conditions : i^ Que la Hollande rentre dans ses marais, sacrifiant la ceinture des provinces et places fortes qu'elle s'est donnée au midi et à l'est, et qui, devenue française, la mettra en état de siège éternel ; 2» que la Hollande tue sa propre industrie, en recevant les marchandises françaises; 3° qu'elle se mette au cœur son ennemi religieux, qu'elle subisse partout le curé catholique, et même le clergé militaire, Tordre de Malte, l'épée du moine armé.

Les États généraux acceptaient le premier article, livraient tout autour d'eux les places qui les couvraient. Le roi aurait dû se contenter de cela. Il les eût tenus si serrés, que tôt ou tard, il aurait eu le reste. Le clergé catholique, assiégeant le pays, l'aurait miné, pénétré en dessous comme d'une vaste infiltration, ruiné ses digues morales. Par la complicité des tolérants, des philosophes, des Grotius et des de Witt, il eût énervé la Hollande', comme il Fa fait depuis avec succès. Mais alors, il avait de bien autres ambitions; il voulait un triomphe éclatant et immédiat, qui aurait exalté les catholiques anglais, ouvert le second acte de la guerre contre l'hérésie.

Si le roi avait eu un peu de cœur, une chose l'eût rendu modéré. Le parti français de Hollande qui l'implorait le 22 juin, était en grand péril, sous le coup d'un massacre. La veille, le 21 juin, Jean de Witt avait été assassiné; blessé du moins ; on crut l'avoir tué. Les de Witt étaient sûrs d'avoir le sort de Barneveldt. C'était au roi de voir s'il avait tant à désirer de donner le pouvoir au neveu du roi d'Angleterre, s'il devait perdre, envoyer à la mort les anciens amis de la France.

I4& GUSBRE J>E HOLLANDE.

Les bistortens soit réfugiés ^ soit hollandais ^ qui ont écrit plus tard, sous Tinfluence de là maison d'Orange, ne manquent pas d'affirmer : 1^ que le parti des de Witt, des Ruyter, le parti républicain de la vieille Hollande^ qui fut la patrie même, avait été imprévoy£Mt; S^ qu'au moment de rinvasîon^ U se montra fa4ble. Avec ces deux allégations, ils arrivent à faire croire que la Hollande fut sauvée par ce qui était le moins bollandais, bourgeoisie nouvelle, issue d'émigrants, militaires français-allemands, et enfin la racaille de toutes nations. Tout cela pour eux, c'est le peuple.^ Le peuple, à les entendre, ^auva tout en se donnant un maître. Et, comme l'obstacle à cela, était surtout dans les de Witt, il ne faut pas trop regretter qu'on les ait tués. Belle circonstance atténuante pour la part directe ou indirecte que la maison d'Oxange eut à l'horrible événement.

Or, pour faire croire cela, on ne manque pas de raconter que ces magistrats héroïques qui s'étaient montrés des hommes d'action, que ces frères qui, aux jours du danger, entrèrent dans la Tamise avec Ruyter et Tromp, se trouvèrent tout à coup abattus au moment de l'invasion. Tout périssait. Mais Orange était là.

Le contraire est exact Ce sont précisément les mêmes historiens qui donnent de quoi les réfuter. U faut bien dater seuIemenL Cela éclaircit tout.

Orange n'eut point l'initiative de la résistance désespérée. Loin de là, il pria, les Ëtats généraux de le laisser négocier avec Louis XIV dans son intétèt particulier et de solliciter une sauvegarde pour ses terres (27 jidn). C'est en août seulement qu'il «fficha et promulgua les résolu*tions d'extrême défense.

Mais^ dès la fin de juin^ les anciens nuigistrats^ M. Hop, d'Amsterdam, parlant aussi pour ceux de la Zélande, dit qu'il fallait rompre les négociations et se défandce, que TËurope viendrait au secours, que le torrent français était

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