‹ Histoire de France, Volume 13Chapitre 49 sur 96 · MORT DE TURENNE · texte numérisé non relu

MORT DE TURENNE

Louvois ne nourrit point Turenne. Le voilà, dès le début de la guerre, dans la pénurie, dans les horreurs qui marquèrent la fin de la guerre de Trente ans. Nous retournons aux Waldstein. L'Europe reconnaît et frémit.

Le roi recule rapidement. Notons les degrés de la reculade.

Dès avril 4673, il se réduit à ce que les Hollandais offrirent et qu'il refusa. Mais alors, ils ne TofiFrent plus.

En juin, se croyant relevé parce qu'il a de sa personne (sous la direction de Vauban) pris Timportante Maêstrîcht, il xîroit que Ton va céder ; il veut bien se réduire encore, rendre Nimègue. Les Hollandais n'en veulent pas. Ils sont vainqueurs : en juin même, Ruyter a battu nos flottes, coupé le chemin à Tarmée qu'on voulait jeter sur la côte ; le plan de descente est dès lors pour toujours abandonné.

En septembre enfin, le roi croit calmer les Hollandais en ne gardant que les villes qu'il a prises aux Espagnols, Tpres, Saint-Omer, Cambrai. Mais la Hollande défend FEspagne comme elle-même, ne veut rien entendre.

En Allemagne, la question est si violemment- retournée que, dans cette guerre que le roi avait lui-même déclarée religieuse et catholique, ce ne sont plus seulement les protestants qui combattent, mais la catholique Espagne et la catholique Autriche. Le jésuite Léopold s'en va au pèlerinage fameux de Maria-Zell pour prier contre Louis XIV. Il prend en main le crucifix, prêche son armée contre la France. La croisade que Louis ouvrit, elle se fait contre lui-même.

On peut dire qu'il fit un miracle, l'amalgame des plus opposés, la suppression des vieilles haines, éteintes par une haine plus forte. Le général de l'Autriche, Montecuculli, opère sa jonction avec le prince d'Orange. Le prince des calvinistes, petit-fils du Taciturne, devient général en chef des armées du roi Catholique^ défenseur de

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