‹ Histoire de France, Volume 13Chapitre 61 sur 96 · LA BRINYILLIERS. — LA VOISIN · texte numérisé non relu

LA BRINYILLIERS. — LA VOISIN

Pour savoir les choses cachées, prévoir ou obtenir la mort de ses ennemis, on s'adressait au diable et on lui disait la messe à rebours, où une femme nue servait d'autel. Des prêtres officiaient ainsi, Lesage à Paris chez la Voisin, Guibourg à Saint-Denis dans une masure. Les dupes écrivaient la demande , qu'on faisait semblant de brûler. On la gardait, on les tenait par là, on les intimidait et on les exploitait. La Fillastre possédait ainsi un billet où quatre princesses ou duchesses demandaient c si la mort du roi viendrait bientôt. » L'une d'elles, pour retirer ce dangereux écrit, s'adressa au prêtre Lesage avec instance et larmes. Ces concurrences empêchaient le secret.

A l'interrogatoire, ce furent les juges qui pâlirent. Le premier nom prononcé fut celui d'un prince (Bourbon du côté maternel), le comte de Clermont, qui aurait empoisonné son frère de concert avec la femme de ce frère, la noire Olympe Mancini. Celle-ci, avec une Polignac et autres, avait eu recours à la magie pour perdre la Vallière. Toute l'histoire des amours du roi aurait traîné au Parlement. Le 44 janvier 1680, il lui retira l'affaire, la transporta du Palais à l'Arsenal, où siégea une commission de gens du Conseil.

Cependant il ne crut pas encore la précaution suffisante. 11 avertit Olympe. Elle se sauva, ainsi que Ciermont. Une fois en pays étranger, elle fit croire qu'elle n'avait fui que par crainte de la Montespan. Fable évidente. Celle-ci était alors fort peu de chose. Le roi aimait Fontanges et donnait sa confiance sérieuse à madame de Maintenon.

Olympe trouva partout sa réputation établie, l'horreur du peuple, qui souvent la chassa des villes. On assure qu'à Madrid elle empoisonna la jeune reine d'Espagne, nièce de Louis XIY. Service essentiel rendu à la maison d'Autriche, et qui dut aider à la fortune du fils d'Olympe, le fameux prince Eugène.

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