‹ Histoire de France, Volume 13Chapitre 67 sur 96 · CONQUÊTES EN PLEINE PAIX · texte numérisé non relu

CONQUÊTES EN PLEINE PAIX

tion d'argent, le laisse percevoir les revenus des évêchés dans les vacances.

On en fût resté là; mais le grand citoyen Colbert insista pour faire démentir au clergé ses principes papistes de 4644. Bossuet dressa les quatre articles (depuis si longtemps préparés) : 4° le pape ne peut rien sur le temporel; 2^11 ne peut rien contre les décisions des conciles; 3<* ni contre les libertés des églises nationales; 4^ ses décisions, non sanctionnées par l'Église, peuvent être réformées.

Système hybride qui mêle la raison au miracle, la sagesse de discussion à ce que les croyants nomment euxmêmes la folie de la foi. Pur expédient politique. Que sert de marchander en pleine poésie? La rhétorique de Bossuet ne change pas le point de départ. Le christianisme est un miracle : le salut de tous par un seul. Son gouvernement aux âges barbares se posa hardiment comme incarnation monarchique, ridolâtrie d'un chef inspiré aux choses de Dieu.

Maintenant où commencent, où finissent les choses de Dieu? La distinction du spirituel et du temporel est impossible. Tout relève de Tesprit. Rien dans les intérêts civils qui ne soit spirituel, rien dans les choses politiques. Celles-ci directement influent sur les idées morales et les tendances religieuses. L'État est l'accessoire, la dépendance de l'Église. Si l'État n'est Église et pape, il est le serf du pape, et ne s'en afiranchit que par accès, par petits efforts ridicules, pour retomber bientôt dans son servage.

Dix ans ne se passèrent pas sans que Bossuet ne se trou, vât abandonné du roi et des évêques. Pour que l'Église de France se soutînt dans cette fierté contre Rome, il lui eût fallu accepter une réforme dont elle était incapable. Elle demandait des sévérités contre les protestants, n'en exerçait pas sur elle-même. Bossuet obtint seulement qu'une commission serait nommée pour examiner les principes relâchés des casuistes. Ceci semblait menacer les jésuites. Mais qui pouvait se dire exempt de tout reproche? qui

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