XIII
S§8 PEISONS DE FSMMES ET D'SNSàNiS.
bUmt d'austérité, on eût pu prendre un cuiâtre, un Godet par exemfde. Harlay ae moqua des ^^ei^seurs, voulut des résultats ; le spirituel prélat, peu scrupuleux, ^ut que la Grâce ne serait efficace près de ces raisonneuses qu'en parlant par la voix d'un homme jeune, aimabk, pîem, mais très-habile aussi, qui ks ferait déraiâeniier.
A cet âge il était prodigieusement affiné, diobte ^niibfement M de rave di&tin^tioa, faible, un peu nîaiiXMiès sa naissance. Il était en eSet le fruit du dernier amaardrun vieillard* Son père, ua grand seigneur^ lil. Fén^hm de Salignac, veuf, et âgé, ayant de grands eiàfants^ avait épousé, malgré eux, une demoiselle noble et pauvre. L'enfant qui vint de ce mariage fui fort mal reçu de ses frères, quoique, destiné à TÉglise, il ne pût leur faire tort. Ceièe situation pénible ne contribua pas peu à lui donnear k grâce et la douceur, une certaine adresse ^ussi, pour ee faire pardonner de vivre, ùe ses adicétres paternels, tons diplomates^ il tenait quelque chose d'onduleux et d'inâi* nuant. De sa mère, qui, {^us jeune, eut plus de part à sa naissance, il eut des dons aimables et singuliers, ces heureuses contradictions qui plaisent dans la femme et en font une énigme ; humble et plein du désir de plaire, vif et subtil, et contenu ; le génie propre au monde, mais pour le mettre aux pieds de Dieu.
Écoutons Saint-Simon qui l'a vu peu avant sa mort et dans la grande position d'archevêque-prince de Cambrai : « 11 avait du docteur, de 1 évoque et du grand seigneur, il fallait faire effort pour cesser de le regarder. » Mais les portraits qui restent (à Versailles et ailleurs) ajoutent des traits moins favorables, quelque chose d'usé, d'effacé, de trop raffiné, et je ne sais quelle obliquité, un mouvement fuyant de l'épaule, une allure serpentine, comme d'un ingénieux sophiste byzantin. Rien de faux et pourtant rien qui rassure assez. On sent que ce génie complexe dont k propre est l'ondulation, n'aura pas besoin de mentir pour
LES REPERTOS. «*- LB5 llOll¥EIiLE6'*0£VnOLIQU£S. Sâ9
varier et iarormper tonit ite monde, ^u^ di&je.? pour se tromper lin-<inéine.
£iewé pqrès de sa mère f>er un très-nsaivaiit préceptetnr dans l'étude de l'antiquité et surtout dans les letivds greeqoes, il fit sa théologie «vx Jésuâles de Paris, Un oncle qui s'oocupaH beaucoup de lui, vit qu'on *exploilah trop sa brillante facilité. Il risqua de réteindre pour le fortifier, et il le mit à Salnt-^SuIpioe. Cette oongtégation, alliée, ^mie des Jésuites, monis 'eompnMnise 'et ptais modeste, s'en tenait (comme Sarot-'Lazare) ià l'arrêt du pape, qui dès \%H ^avait défendu d'agiter \eB grandes questions de la théologie, la vitale question de laHÎràoe. L'Ëgltse devait aller les yeux fermés, slirterdisamt surtout de se comprendre elle-même. Four la plupart, ceci réalisait l'heureux mot de Pascal, son conseil : « Abêtissee-vous. )> Pour d'autres, ce renoncement d'esprit mettant toute religion au cœ^r, pouvait les jeter au fatalisme «de sentiment, d'amour, qu'on a «ppeflé le QuiéHsmé.
Fénelon n'en était pas là encore à Saint-^ulpice. Il lisait les Pères grecs, et ne rêvait que nrissiens du Levant, apostolat d'Athènes, délivrance de la Grèce. On le retint ici, et on kn imposa cette charge de supérieur des Nouvelles catholiques.
Il n'y eut jamais de situation plus dangereuse. Ces filles arrivaient là, à peine arrachées de leurs mères, et tout en pleurs. D'autres ayant déjà passé par des mains dures, ayant souffert plus qu'on n'ose dire, languissantes, pâlies. M oq^ndant, tout intéressantes qu'elles fussent, de leur sérieuse «éducation elles restaient militantes A mesure qu'elles revenaient à elles par la douceur de cette maison, elles -se défendaient de leur mieux. Eucharis discutait. EHe luttait, selon sa faiblesse^ pour retenir encore le ober enseignement de famille, si mêlé à sa vie d'en*fanceetàses meilleurs souvenirs. Grand ooDiraste avec le troupeau de tant de femmes •domptées qui se ressem-