‹ Histoire de France, Volume 14Chapitre 10 sur 48 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Les événements de la guerre. — Mort de Charles I" et de Marie de Médieis.

Reprenons les événements delà guerre. Elle cessa en Savoie par le traité qui fut signé le 1 4 juin entre Madame royale et les princes de Savoie, qui renoncèrent à Talliance d'Espagne. La Mothe Houdancourt défit cinq mille Espagnols le 19 janvier, au combat de Vais. Une bataille à Villefranche fut gagnée sur les Espagnols le 31 mars, Collioure rendu au maréchal de La Meilleraiele 1 3 avril. Les événementsétaient bien différents aux Pays-Bas. Les Espagnols prirent Lens le 1 9 avril, la Bassée, le 1 3 mai, et le maréchal de Guiche fut battu à Honnecourt le 26 du même mois, précisément dans le même temps que Ton découvrit le traité de Madrid; cependant les ordres furent si bien donnés, que les échecs n'eurent pas de suite et n'arrêtèrent pas les succès du Roussillon. Le maréchal de La Mothe prit Mouson le 4 juin , et Perpignan se rendit enfin le 6 septembre aux maréchaux de Schomberg et de La Meilleraie. Après trois mois de siège, la ville de Salées ne tint pas , et le roi devint ainsi maître du Roussillon, qui a toujours depuis resté uni h la France. Ensuite on marcha en Catalogne. Le maréchal de La Mothe y gagna la bataille de Lérida le 7 octobre , tandis que le duc de Longueville attaquait Tortone dans le Milanais,

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qui se rendit le 26 novembre. Il y avait eu des événements peu importants du côté de la Lorraine , et le maréchal de Brézé avait remporté quelques avantages dans la Méditerranée et sur la côte de la Catalogne.

Cest alors que Charles I" sortit de Londres le 20 janvier. II avait manqué de prendre la ville de Hall , où s*était jeté Cromwel , qui commençait à se faire connaître , et le 2 novembre se donna la bataille de Kingston , qui ne décida rien entre le roi et les rebelles , commandés par le comte d'Essex. Serait-il possible , comme le dit le duc d'Orléans , que la raison qui porta les généraux de ce malheureux prince à le détourner de marcher sur Londres , fut la crainte qu'ils eurent que , s'il entrait dans cette ville les armes à la main, il ne prétendit sur la nation une espèce de droit de conquête qui le rendît trop absolu? Cromwel devint homme de guerre un peu tard , car il pouvait avoir environ quarante-trois ans. Ce ne fut jamais un général consommé ; mais la force de son génie lui tint lieu de tout : quelques années avant cette époque (1635) il s'était joint aux puritains, secte qui établissait parmi eux l'indépendance des chefs de l'Eglise et de l'autorité royale; ils furent attaqués, et, pour s'affranchir sans retour, ils eurent Fidée dépasser une souveraineté en Amérique. Cromwel devait être un des chefs de cette colonie. Ils allaient partir, et l'Angleterre en était délivrée; mais l'étoile fatale du malheureux Charles les arrêta. On lui fit entendre que c'étaient âes ennemis de l'Angleterre qui allaient peupler un nouveau monde ; enfin Cromwel demeura, et Charles paya de sa tête dans la suite un si dangereux conseil.

Marie de Médicis était morte à Cologne le 3 juillet dans la

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dernière misère , âgée de soixante-huit ans. Depuis son départ de France , en 1 631 , elle avait erré plusieurs années en Flandre et en Angleterre. A charge partout, on lui donnait à Londres, où elle demeura trois ans, cent livres sterling par jour pour sa subsistance , et le cardinal obtint enfin de Charles I" de la renvoyer; princesse dont la fin fut digne de pitié, mais d'un esprit trop au-dessous de son ambition , et qui ne fut peut-être pas assez surprise ni assez affligée de la mort funeste d*un de nos plus grands rois.

C'est dans cette même année 1 64^ que le cardinal de Richelieu mourut, âgé de cinquante-huit ans, le i décembre. Û fut enterré à la Sorbonne. « L*Etat , dit le président Hénault, profita à sa mort de quatre millions qu'il dépensait pour Tentretien de sa maison ; mais il perdit un grand maître. » Richelieu abaissa le roi , mais il grandit le royaume.

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