CHAPITRE IV
Guerre ciTîIe.
La reine Anne d'Autriche, régente absolue, avait fait du cardinal Mazarin le maître de la France et le sien. Il avait sur elle cet empire qu'un homme adroit devait avoir sur une femme née avec assez de faiblesse pour être dominée, et avec assez de fermeté pour persister dans son choix (4 ).
(1) Qu*Anne d'Autriche ait été attaquée dans ses mœurs pendant les troubles de la Fronde, cela se conçoit; on sait que les guerres civiles sont aussi fertiles en calomnies qu'en cruautés ; mais lorsque sa vie entière parle en sa faveur et que Tbistoire a pris plaisir à la venger, qu'on ait vu des romanciers français répéter froidement les injures des frondeurs et établir leurs calomnies sur des mensonges aussi odienx , c'est ce qu'on ne pouvait attendre que d'une époque où toutes les conVe-
Il est très-vraisemblable que le cardinal Mazarin était ministre désigné depuis longtemps dans Fesprit de la reine, et même du vivant de Louis XIII. On ne peut en douter quand on a lu les Mémoires de La Porte, premier valet de chambre d'Anne d'Autriche. Les subalternes, témoins de tout Tintérieur d'une cour, savent des choses que les chefs de parti même ignorent, ou ne font que soupçonner.
llazarin usa d'abord avec modération de sa puissance. U faudrait avoir vécu longtemps avec un ministre, pour peindre son caractère, pour dire quel degré de courage ou de faiblesse il avait dans l'esprit, à quel point il était prudent ou fourbe. Ainsi, sans vouloir deviner ce qu'était Mazarin, on dira seulement ce qu'il fit. U affecta , dans les commencements de sa grandeur, autant de simplicité que Richelieu avait déployé de hauteur. Loin de prendre des gardes et de marcher avec un faste royal, il eut d'abord le train le plus modeste; il mit de l'affabilité et même de la mollesse partout où son prédécesseur avait fait paraître une fierté inflexible. La reine voulait faire auner sa régence et sa personne de la cour et des peuples, et elle y réussissait. Gaston, duc d'Orléans, frère de Louis XIII, et le prince de Condé, appuyaient son pouvoir, et n'avaient d'émulation que pour servir l'état.
U fallait des impôts pour soutenir la guerre contre l'Espagne et contre Tempereur. Les finances en France étaient, depuis la mort du grand Henri lY , aussi mal adnûnistrées qu'en Espagne et en Allemagne. La régie était un chaos ; l'ignorance ex-
bances ont été oobHées; beureasement , dans les arts qui dépendent de Timagination, l'oubli des convenances tient toujours à l'absence du talent, et les romanciers dont nous parlons ne semblent avoir écrit que pour conOrmer la vérité de cette observation. (FlÉVÉE.)
Irême, le brigandage au comble : mais ce brigandage ne s'étendait pas sur des objets aussi considérables qu'aujourd'hui. L'état était huit fois moins endetté,* on n'avait point des armées de deux cent mille hommes à soudoyer , point de subsides immenses à payer, point de guerre maritime à soutenir. Les devenus de l'état montaient, dans les premières années de la régence, à près de soixante et quinze millions de livres de ce temps. C'était assez s'il y avait eu de l'économie dans le mitiistëre : mais en 1 646 et 1 647 on eui besoin de nouveaux secours. Le surintendant était alors un paysan siennois, nommé Particelli Emeri, dont l'âme était plus basse que la naissance, et dont le faste et les débauches indignaient la nation. Cet homme inventait des ressources onéreuses et ridicules. Il créa des charges de contrôleurs de fagots, de jurés vendeurs de foin, de conseillers du roi crieurs de vin ; il vendait des lettres de noblesse. Les renies sur l'hôtel de-ville de Parts ne se montaient alors qu'à près de onze millions. On retrancha quelques quartiers aux rentiers; on augmenta les droits d'entrée , on créa quelques charges de maîtres des requêtes , on retint environ quatre-vingt mille écus de gages aux magistrats.
Il est aisé de juger combien les esprits furent soulevés contre deux Italiens venus tous deux en France sans fortune, enrichis aux dépens de la nation , et qui donnaient tant de prise sur eux. Le parlement de Paris, les maîtres des requêtes, les autres cours, les rentiers, s'ameutèrent. En vain Mazarin ôta la surintendance à son confident Emeri , et le relégua dans une de ses terres, on s'indignait encore que cet homme eût des terres en France , et on eut le cardinal Mazarin en horreur, quoique dans ce temps-là même il consomniàt le grand ouvrage de la paix de Munster; car il faut bien remarquer
que ce fameux traité et les barricades sont de )^ noênie année
Les guerres civiles commencèrent à Paris comfpe ellçs avaient commencé à Londres , pour un peu d's^rgept.
Le parlement de Paris, en possession de vérifier les é4its de ces taxes, s'opposa vivement aux nqjiveaux édjis; il acquft ia confiance des peuples par leç contradictions dont il fatigua le ministère.
On ne commença pas d'abord par la révolte; les psprits ne s'aigrirent et ne s'enhardirent que par degrés, La populace peut d'abord courir aux armes et se choisir un chef, comme on avait fait à Naples; mais des magistrats, des hommes d'état procèdent avec plus de maturité et commencent par observer les bienséances autant que l'esprit de parti peut le permettre.
Le cardinal Mazarin avait cru qu'en divisant adroitement la magistrature il préviendrait tous les troubles ; mais on opposa l'inflexibilité à la souplesse. Il retranchait quatre années de gages à toutes les cours supérieures, en leur remettant la paulette, p'est-à-dire en les exemptant de payer la taxe inventée par Paulet sous Henri IV , pour s'assurer la propriété de leurs charges. Ce retranchement n'était pas une lésion, mais il conservait les quatre années au parlement , pensant le désarmer par cette faveur. Le parlement méprisa cette grâce , qui l'exposait au reproche de préférer son intérêt à celui des autres compagnies. Il n'en donna pas moins son arrêt d'union avec les autres cours de justice. Mazarin , qui n'avait jamais bien pu prononcer le français, ayant dit que cet arrêt A*ognon était altentîitoire , et l'ayant fait casser par le conseil , ce seul mot à'ognon le rendit ridicule; et , comme on ne cède jamais
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, à ceux qu^on méprise, le parlement en devint plus entreprenant.
Il demanda hautement qu'on révoquât tous les intendants , regardés par le peuple comme des exacteurs, et qu'on abolit cette magistrature de nouvelle espèce , instituée sous Louis Xni sans l'appareil des formes ordinaires : c'était plaire à la nation autant qu'irriter la cour. Il voulait que, selon les anciennes lois, aucun citoyen ne fût mis en prison sans que sesjuges naturels en connussent dans les vingt-quatre heures; et rien ne paraissait si juste.
Le parlement fit plus; il abolit les intendants par un arrêt, avec ordre aux procureurs du roi de son ressort d'informer contre eux.
Ainsi la haine contre le ministre, appuyée de l'amour du bien public , menaçait la cour d'une révolution. La reine céda ; elle offrit de casser les intendants, et demanda seulement qu'on lui en laissât trois : elle fut refusée.
Pendant que ces troubles commençaient , le prince de Condé remporta la célèbre victoire de Lens , qui mettait le comble i sa gloire. Le roi, qui n'avait alors que dix ans, s'écria : Le parlement sera bien fâché. Ces paroles faisaient voir assez que la cour ne regardait alors le parlement de Paris que comme une assemblée de rebelles.
Le cardinal et ses courtisans ne lui donnaient pas un autre nom. Plus les parlementaires se plaignaient d'être traités de rebelles, plus ils faisaient de résistance.
La reine et le cardinal résolurent de faire enlever trois des plus opiniâtres magistrats du parlement , Novion Blancménil, président qu'on appelai! à mortier , Charton , président d'une chambre. des enquêtes , et Broussel , ancien conseiller-clerc de la grand'chambre.
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Us n'étaient pas chefs de parti , mais les instruments des chefs. Charton, homme très-borné, était connu par le sobri* quet du président Je dis ça ^ parce qu'il ouvrait et concluait toujours ses avis par ces mots. Broussel n'avait de recommandable que ses cheveux blancs , sa haine contre le ministère , et la réputation d'élever toujours la voix, contre la cour, sur quelque sujet que ce fût. Ses confrères en faisaient peu de cas , mais la populace l'idolâtrait.
Au lieu de les enlever sans éclat dans le silence de la nuit , le cardinal crut en imposer au peuple en les faisant arrêter en plein midi , tandis qu'on chantait le Te Deum à Notre-Dame pour la victoire de Lens , et que les suisses de la chambre apportaient dans l'église soixante et treize drapeaux pris sur les ennemis. Ce fut précisément ce qui causa la subversion du royaume. Charton s'esquiva; on prit Blancménil sans peine; il n'en fut pas de même de Broussel. Une vieille servante seule, en voyant jeter son maître dans un carrosse par Comminges, lieutenant des gardes-du-corps , ameute le peuple; on entoure le carrosse , on le brise ; les gardes françaises prêtent main-forte. Le prisonnier est conduit sur le chemin de Sedan. Son enlèvement, loin d'intimider le peuple , l'irrite et l'enhardit. On ferme les boutiques , on tend les grosses chaînes de fer qui étaient alors à l'entrée des rues principales ; on fait quelques barricades ; quatre cent mille voix crient liberté! ^i Broussel l
11 est difiBcile de concilier tous les détails rapportés par le cardinal de Retz, madame de Motteville, l'avocat général Talon , et tant d'autres ; mais tous conviennent des principaux points. Pendant la nuit qui suivit l'émeute , la reine faisait venir environ deux mille hommes de troupes cantonnéeSsà
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quelques lieueà de Paris, pour soutenir là maison du roi. Le chancelier Séguier se transportait déjà au parlement , précédé d*un lieutenant et de plusieurs hoquetons , pour casser toiis les arrêts, et môme , disait-on , pour interdire ce corps. Mais , dans la nuit même , les factieux s'étaient assemblés chez le coadjuteut de Paris , si fameux sous le nom de cardinal de Retz, et tout était disposé pour mettre la ville en armes. Le peuple arrête le carrosse du chancelier» et le renverse. Il put à peine s'enfuir avec sa fille , la duchesse de Sully, qui , malgré lui, Tavait voulu accompagner; il se retire en désordre dans rhfttel de Luynes , pressé et insulté par la populace. Le lieutenant civil vient le prendre dans son carrosse, et le mené au Palais-Royal, escorté de deux compagnies suisses et d'une escorte de gendarmes; le peuple tire sur eux , quelques-uns sont tués ; la duchesse de Sully est blessée au bras. Deux cents barricades sont formées en un instant ; on tes pousse jusqu'à cent pas du Palais-Royal. Tous les soldats , après âvôlr vu tomber quelques-uns des leurs, reculent, et regardent faire les bourgeois. Le parlement en corps marche à ^ied vers la reine , à travers les barricades qui s'abaissent devant lui , et redemande ses membres emprisonnés. La reine est obligée de les rendre; et, par cela même, elle invite les fôbtieux à de nouveaux outrages.
Le cardinal se vante d'avoir seul armé tout Paris dans cette journée, qui fut nommée des barricades, et qui était la seconde de cette espèce. Cet homme singulier s'est peint luiitiéme dans ses Mémoires , écrits avec un air de grandeur, une Impétuosité de génie , et une inégalité, qui sont Timage de sa conduite (1).
(1) Voir la notice sur k cardinal de Rel?, à ta fin du règne de Louis XIV.
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Ce qui parait âurprenant , c'est que le parleu^ent; • eotraiaé par lui , leva Tétendard contre la cour, avant même d'étri^ appuyé par aucuu prince.
Cette compagnie, depuis longtepr^ps, était regardée hm différemment par la cour et par le peuple. Si Ton en croymt la voix de tous 1^ ministres et de la cour, le parlement 4e Paris était une cour de justice faite pour juger les causer dj^ citoyens : il tenait cette prérogative de la seule vQlonté des rois; il n'avait sur les autres parlements du royaume d'autre; prééminence que celle de l'ancienneté et d'un ressort plus considérable ; il n'était la cour des pairs que parce que l^ cour résidait à Paris; il n'avait pas plus de droit de faire d(^ re~ mOntrances que les autres corps , et ce droit était encore unq pure grâce : il avait succédé à ces parlements qui représeï)taiant autrefois la nation française ; mais il n'avait de œ^ anciennes assemblées rien que le seul nom; et, pour preuve incontestable , c'est qu'en effet les Etats-Généraux étaient substitués à la place des assemblées de la natiou ; et le parlement de Paris ne ressemblait pas plus aux parlements tenus par nos premiers rois, qu'un consul de 3n)yrne ou d'AJ^p ne ressemble à un consul romain.
Cette seule erreur de nom était le prétexte des prétpufions ambitieuses d'une compagnie d'hommes de loi, qui tous, pour avoir acheté leurs oflQces de rjobe , pensaient tenir la place des conquérants des Caules , et des seigneurs des fiefs de la couronne. Ce coips, en tous les temps, avait ^b^^é du pouvoir que s'arroge nécessairement un premier tribunal , toujours subsistant dans une capitale. Il avait osé donner un arrêt contre Charles VII , pt le bannir du royaume; il avait conunencé un procès criminel contre UenriJU; il avait en
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tous les temps résisté, autant qu*il l'avait pu, à ses souverains ; et dans cette minorité de Louis XIY , sous le plus doux des gouvernements et sous la plus indulgente des reines , il voulait faire la guerre civile à son prince , à l'exemple de ce parlement d'Angleterre qui tenait alors son roi prisonnier, et qui lui fit trancher la tète. Tels étaient les discours et les pensées du cabinet.
Mais les citoyens de Paris, et tout ce qui tenait à la robe , voyaient dans le parlement un corps auguste , qui avait rendu la justice avec une intégrité respectable, qui n'aimait que le bien de l'état, et qui l'aimait au péril de sa fortune ; qui bornait son ambition à la gloire de réprimer l'ambition des favoris , et qui marchait d'un pas égal entre le roi et le peuple , et , sans examiner l'origine de ses droits et de son pouvoir, on lui supposait les droits les plus sacrés, et le pouvoir le plus incontestable. Quand on le voyait soutenir la cause du peuple contre des ministres détestés, on l'appelait le père de l'état; et on faisait peu de différence entre le droit qui donne la couronne aux rois, et celui qui donnait au parlement le pouvoir de modérer les volontés des rois.
Entre ces deux extrémités , un milieu était impossible h trouver; car, enfin , il n'y avait de loi bien reconnue que celle de l'occasion et du temps. Sous un gouvernement vigoureux le parlement n'était rien : il était tout sous un roi faible ; et Ton pouvait lui appliquer ce que dit M. de Guéméné , quand cette compagnie se plaignit , sous Louis XIII , d'avoir été précédée par les députés de la noblesse : Messieurs, vous prendrez bien votre revanche dans la minorité.
Anne d'Autriche s'enfuit de Paris avec ses enfants , son ministre, le duc d'Orléans, frère de Louis XIII, le grand
Coudé lui-même, et alla à Saint-Germain, où presque toute la cour coucha sur la paille. On fut obligé de mettre en gage chez les usuriers les pierreries de la couronne.
Le roi manqua souvent du nécessaire. Les pages de sa chambre furent congédiés, parce qu'on n'avait pas de quoi les nourrir. En ce temps-là même la tante de Louis XIY , fille de Henri-le-6rand, femme du roi d'Angleterre, réfugiée à Paris, y était réduite aux extrémités de la pauvreté; et sa fille, depuis mariée au frère de Louis XIY, restait au lit, n'ayant pas de quoi se chauffer, sans que le peuple de Paris, enivré de ses fureurs, fît seulement attention aux afflictions de tant de personnes royales.
Anne d'Autriche, dont on vantait Tesprit , les grâces, la bonté , n'avait presque jamais été en France que malheureuse. Longtemps traitée comme une. criminelle par son époux, persécutée par le cardinal de Richelieu , elle avait vu ses papiers saisis au Val-de-Grâce; elle avait été obligée de signer en plein conseil qu'elle était coupable envers le roi son mari. Quand die accoucha de Louis XIV, ce même mari ne voulut jamais l'embrasser, selon l'usage ; et cet affront altéra sa santé au point de mettre en danger sa vie. Enfin , dans sa régence , après avoir comblé de grâces tous ceux qui l'avaient implorée, elle se voyait chassée de la capitale par un peuple volage et furieux. Elle et la reine d'Angleterre, sa belle-sœur, étaient toutes deux un mémorable exempledes révolutions que peuvent éprouver les têtes couronnées; et sa belle-mère, Marie de Médicis, avait été encore plus malheureuse.
La reine , les larmes aux yeux , pressa le prince de Omàé de servir de protecteur au roi. Le vainqueur de Rocroy, de Fribourg , de Lens et de Nordlingen , ne put démentir tant de
senriees passés : il fut flatté de l'honneur de défendre une cour qu'il croyait ingrate, contre la Fronde qui reeherobait son appui. Le parlement eut donc le grand Gondé à combattre, et il osa soutenir la guerre.
Le prince de Gonti, frère du grand Condé, aussi jaloux de son aine qu'incapable de l'égaler, le duc de Longueville, le duc de Beaufort, le duc de Bouillon, animés par Tesprit remuant du coadjuteur, et avides de nouveautés » se flattant d'élever leur grandeur sur les ruines de l'Etat , et de faire servir à leurs desseins particuliers les mouvements aveugles du parlement, vinrent lui offrir leurs services. On nomma, dans la grand'chambre, les généraux d'une armée qu'on n'avait pas. Chacun se taxa pour lever des troupes : il y avait vingt conseillers pourvus de charges nouvelles , créées par le cardinal de Richelieu. Leurs confrères, par une petitesse d'esprit dont toute société est susceptible , semblaient poursuivre sur eui^ la mémoire de Richelieu; ils les accablaient de dégoûts, et ne les regardaient pas comme membres du parlement: il fallut qu'ils donnassent chacun quinze mille livres pour les frais de la guerre , et pour acheter la tolérance de leurs confrères.
La grand'chambre, les enquêtes, les requêtes, la chambre des comptes, la cour des aides, qui avaient tant crié contre des impôts feibles et nécessaires , et surtout contre l'augmentation du tarif, laquelle n'allait qu'à deux cent mUle livres, fournirent une somme de près de dix millions de notre monnaie d'aujourd'hui, pouir la subversion de la patrie. On rendit un arrêt par lequel il fut ordonné de se saisir de tout l'argent des partisans de la cour. On en prit pour douse cent mille de nos livres. On leva douze mille honimes par arrêt du parlement : chaque porte enchère fournit un homme et un
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ekevâl. Cette eavalerie fut appelée la cmùlêrie àes port^ co^ ehères. Le coadjuteur avait un régiment qu'on nommait le régiment de Carinthe^ parée que le coadjuteur était arche^ Téque titulaire de Corinthe.
Vingt conseillers , qui avaient fourni diaoun quinze mille livres , n'eurent d'autre honneur que d'être appelés les quintevingt.
Le duc de Beaufert- Vendôme, petit-filtdeHairi IV» l'idole du peuple, et Tinstrument dont on se servit pour le soulever, prince populaire, mais d'un esprit borné, était publiquement l'objet des railleries de la cour et de la Fronde même. On ne parlait jamais de lui que sous le nom de roi des halles. Une balle lui ayant fait une contusion au bras , il disait que ce n'é* tait qu'une confusion.
La ducbesse de Nemours rapporte , dans ses Mémoires , que le prince dé Condé présenta à la reine un petit nain bossu « armé de pied en cap. « Voilà , dit-il , le généralissime de l'armée parisienne. » Il voulait par là désigner son frère , le prinoe de Gonti , qui était en effet bossu , et que les Parisiens avaient choisi pour leur général. Cependant ce même Condé fiit «n^ suite général des mêmes troupes ; et madame de Nemours ajoute qu'il disait que toute cette guerre ne méritait d'être écrite qu'en vers burlesques. Il l'appelait aussi la guerre des pots de chambre.
Les troupes parisiennes , qui sortaient de Paris , et revenaient toujours battues, étaient reçues aveo des huées et des éclats de rire. On ne réparait tous ces petits échecs que par des couplets et des épigrammes. Les cabarets et les autres mattOBS de douche étaient les tentes oh l'on tenait les con^ seils de guerre , au milieu des plaisanteries , des duosons , et
de la gtieté la plus dissolue. La licence était si effrénée, qu'une nuit les principaux officiers de la Fronde, ayant rencontré le Saint-Sacrement qu'on portait dans les rues à on homme qu'on soupçonnait d*étre Mazarin , reconduisirent les prêtres à coups de plat d'épée.
Enfin on vit le coadjuteur, archevêque de Paris, venir prendre séance au parlement avec un poipard dans sa poche, dont on apercevait la poignée; et Ton Criait : Voilà le bréviaire de notre archevêque.
11 vint un héraut d'armes à la porte Saint-Antoine, accompagné d'un gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, pour signifier des propositions. Le parlement ne voulut point le recevoir; mais il admit, dans la grand'chambre, un envoyé de Tarchiduc Léopold , qui faisait alors la guerre à la France,
Au milieu de tous ces troubles, la noblesse s'assembla en corps aux Augustins, nomma des syndics , tint publiquement des séances réglées. On eût cru que c'était pour réformer la France, et pour assembler les Etats-Généraux : c'était pour un tabouret que la reine avait accordé à Madame de Pons. Peut-être n'y a-t-il jamais eu une preuve plus sensible de la légèreté d'esprit qu'on reprochait aux Français.
Les discordes civiles qui désolaient l'Angleterre , précisément en même temps , étaient bien différentes. Les Anglais avaient mis dans leurs troubles civils un acharnement mélancolique, et une fureur raisonnée : ils donnaient de sanglantes batailles; le fer décidait tout; les échaCauds étaient dressés pour les vaincus ; leur roi , pris en combattant , fut amené devant une cour de justice , interrogé sur l'abus qu'on lui reprochait d'avoir fait de son pouvoir, condamné à perdre la tête, et exécuté devant tout son peuple , avec autant d'ordre»
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et ayec le même appareil de justice , que si on avait condamné un citoyen criminel , sans que , dans le cours de ces troubles horribles , Londres se fût ressentie un nooment des calamités attachées aux guerres civiles.
Les Français alors se précipitaient dans les séditions par caprice , et en riant : les femmes étaient à la tête des factions ; l'amour faisait et rompait les cabales. La duchesse de LongueviUe engagea Turenne , à peine maréchal de France» à faire révolter l'armée qu'il commandait pour le roi (4).
(1) Yoici les femmes qui étaient k la tète du moayement :
Anne Generièye de Bourbon , dadiesse de Longueville , sœur du grand Gondé , a?ait deux ans de pins qne loK Produite dès l'âge le pins tendre au célèbre bôtel de Rambouillet, elle s'y était fait admirer par l'esprit le pins délicat et lé goût le plos fin. Sa physionomie , où la langueur et la mélancolie se mêlaient aux attraits les plus piquants , faisaient dire aux contemporains qu'elle avait quelque chose d'é- Tangâtqoe. Les hommages universels ayant enivré cette jeune princesse , elle se livrait aux illusions les plus séduisantes. Recherchée d'abord par le duc de Beaufort, die avait trouvé dans la duchesse de Montbason une rivale à laquelle il avait fallu eéder; et le dépit seul l'avait déterminée k donner sa main au duc de Longueville, qui aurait pu être son père. Dans cette position, elle se montrait sensible aux soins du prince de Biarsillae , fils du duc de la Rochefoucauld, dont le tour d'esprit avait plus d'un rapport avec le sien. »
Elisabeth Ferronie de Berry, épouse du duc de Bouillon , encore à la fleur de l'âge, s'était dévouée pour lui dans ses malheurs , et c'était à elle qu'il était redevable de sa liberté et de sa vie. Rivalisant de beauté avec madame de Longueville, mais méprisant la galanterie , toutes les passions cédaient en elle à une ambition démesurée. Les deux époux , irrités de se voir déchus , et voulant assurer le sort des nombreux enfants qui étaient nés de leur mariage , comptaient sur les désordres d'une régence , non-seulement pour recouvrer Sedan , mais pour élever leur fortune beaucoup plus haut qu'elle n'avait jamais été. Deux princesses de la maison de Gonzague , alors très-malheureuse en Italie , étaient fixées k la cour de France, et avaient l'une et l'autre fourni des preuves d'un caractère très-entreprenant. La princesse Marie s'était vue enfermée à Vincennes pour avoir inspiré une passion è Gaston , frère de Louis XIII ; puis, ayant accueilli les hommages de Cinq-Mars , favori du monarque, elle avait été nommée dans sa conjuration , et ses lettres ft cet infortuné étaient tombées entre les mains de Richelieu. Compromise doublement , et comme complice d'un crime d'état, et comme femme galante, elle ne se montrait point abattue par sa disgrâce, et elle nourrissait des projets ambitieux, qui, trois ans après, devaient la
190 HISTOIRB DE FRANCE.
C'était la même armée que le cAèbre due de Saxe-Veimar a?ait rassemblée. EUe était commandée, aprèa la mort du doc de Vdinar, par le oomte d'Brlach , d'une and^ine inuion du
eondoire ^ partager an trône, Anne de Gonzagné , sa sœur, destinée d'abord à être religieuse , n'arait témoigné 4ue de rhomor p^ur oet état. Bottia do conyeiu aussitôt après U mii àe son pèra , ell^ fat aimée par le jeune dne HMri d« Guî^, piiiMe du caractère le plus romanesque , et reçut de lui une promesse de mariage.
Le duc ayant abandonné la cour pour embrasser le parti ^ii comte de Solssons , 0Ha eofmit aprèi 1«1 joaqn'ii Oalofne , et le quitta bi^ntlt ^ ^ne fue , oeoipé 4'wiie nouvelle passion , il l'avait acéueillie froidement. Cet éclat , qui aurait dâ perdre une toute 'autre femme , ne Tavait pas empêchée d'épouser le prince Edouard, comte palatin du Rhin , l'un des fils de Frédéric Y, qui , appelé , par les protestants d'Allemagne , au trône de Bohême * ne s'était pat mettre digie d'une telle Mwe* Ce mariage lui avait fait donner le nom de prktetêât p^Mine^ qu'elle rendit depuis si fameux. Pet attaekée à eon époux , liée ietiaement k medeme de LengueTiUe, qoi avait la même froideur pour le sien , elle faisait de la galanterie un ressort poissait pour la politique : pleine d'activité et d'adresse* habile, aimable» insinoante, elle promettait de grands avantages an parti pour lequel elle se déclarerait. Ces deux sœurs étaient parvenues k on Ige où les femmes jooisseat de tontes les Cacoltés de leur esprit, sans avoir ric& perdu de leors cbarmes. Denx autres fmmes, moins jemies , mais aussi renommées pour leur beauté et leor penehant à l'intrigoe , sp disposaient k exereer nne influenoe plos grande eiioore que les prineeeses de Gonxague. Marie d'Aragon était la seeonde épouse d'Hereole de Heban « due de Montbasen , homme très-avancé en Ige et vivant dans la retraite. Lsôseée presque entièrement libre au milieu d'une cour voluptueuse , elle était parvenue k nn degré de dépravation qui étonnait les hommes les plus corrompus. Elle ne conservait ancune ^éoesee ni dans ses manières ni dans ses propos , et son avidité excessive ne laissait aneun doute sur le peo d'élévation de ses sentiments; ses vices l'auraient rendu généralmnent odieuse , si une beauté , vraiment éblouissante , et que les contemporains comparaient à tout ce que les statues antiques offrent de plus régulier et de plos parfait, n'eût attiré sur ses pas une jeunesse, dont, par cet avantage seul, elle était devenue l'idole. Jalouse des succès qu'obtenait madame de Longoeville, elle avait, comme on l'a vu , détourné le duc de Beaufort de l'épouser; et, peu satis&ite de ce triomphe , elle s'était opposée à son mariage avec le duc de LongueviUe , qu'elle avaH eu pour amant. Exerçant alors le plus grand empire sur le duc de Beaufort, qu'elle trompait , elle espérait se sei'vir du crédit qu'il aurait pendant la régence pour assouvir son ambition et son avarice» La duchesse de Ghevreuse ( Marie de Roban ) étatt issoe du premier mariage d'Hercule de Rohan , duc de Montbason , et par conséquent madame de Montbason était sa belle-mère , quoique plos jeune qu'elle. Mariée d'abord avec le connétable de Luynes , favori de la reine , qui mourut à la fleur de l'ftge, detenae ensuite l'épouse du duc de Chevreuse , prinse de Lorraine, elle avait
t3inUm de Berae. Ce fut ce comte d'Eiiach qui donna cette armée à la France , et qui lui valut la possession de l'Alsace. Le vicomte de Turenne voulut le séduire; T Alsace eût été perdue pour Louis XIV* Mais il fut inébranlable ; il contint les troupes veimariennes dans la fidélité qu'elles devaient à leur serment* II fut même chargé par le cardinal Mazarin d'arrêter le vicomte. Ce grand homme, infidèle alors par faiblesse, fut obligé de quitter en fugitif l'armée dont il était général , pour plaire à une femme qui se moquait de sa passion : il devint , de général du roi de France , lieutenant de don Estevan de Gammare , avec lequel il fut battu à Rethel par le maréchal du Plessis-PrasUn.
On connaît ce billet du maréchal d'Hocquincourt à la duchesse de Montbazon : Péronne est à la belle des belles. On sait ces v^rs du duc de La Rochefoucauld pour la duchesse de Longueville , lorsqu'il reçut, au combat de Saint-Antoine,
été , dans les premières années da ministère de Richelieu , la confidente intime de la reine. Aimant Tintrigue et la galanterie , elle n'y portait pas les passions honteuses de sa belle-mère : elle ne voyait dans la politique qu'un moyen de faire la fortune de ses amants ; et celui qu'elle préférait lui faisait toujours embrasser ses opinions et ses passions. Peu après son second mariage , elle avait , presqu'en mime temps, inspiré de l'amour à Gaston , frère do roi , et au cardinal de Richelieu. Sensible aux soins du jeune prince , elle s'était moquée de fui dans le cercle de la reine ; indiscrétion qui l'avait rendu son ennemi' implacable. Bientôt elle fut compromise dans itie intrigue qn'on voulut regarder comme un complot , et il y e«t un ordre de l'arrêter ; mais y avertie à temps , elle s'échappa ; et , poursuivie de près , elle fut obligée de passer la Somme à la nage pour gagner Calais , et de là l'Angleterre.
Deprais dix-huit ans , que durait son exil , elle entretenait une correspondance secrète avec la reine , dont elle avait dissipé les chagrins , égayé la solitude , et qui aimait son esprit, sans estimer sa conduite. Ayant parcouru divers états, où elle avait tramé beaucoup d'intrigues , elle se trouvait à Bruxelles , et n'attendait que la mort de Louis XIII pour revenir en France , dans l'espoir qu'elle serait l'unique favorite de la régente. Quoique â,^ée de plus de quarante ans , elle conservait la vivacité , les goûts et les gr5ces de la jeunesse. Sa fille unique, qui l'avait accompagnée dans tous ses voyages , n'était que trop disposée à suivre l'exemple d'une telle mère.
un coup de mousquet qui lui fit perdre quelque temps la
vue
Pour mériter son cœnr, pour plaire à ses beaux yeux , J'ai fait la gaerre aux rois; je l'aorais faite aux dienx.
On voit , dans les Mémoires de Mademoiselle , une lettre de Gaston , duc d*Orléans , son père , dont l'adresse est : A mesdames les comtesses , m^iréchales de camp dans l'armée de ma fille contre le Mazarin.
La guerre finit et recommença à plusieurs reprises ; il n'y eut personne qui ne changeât souvent de parti. Le prince de Condé , ayant ramené dans Paris la cour triomphante > se livra au plaisir de la mépriser après l'avoir défendue; et, ne trouvant pas qu'on lui donnât des récompenses proportionnées à sa gloire et à ses services , il fut le premier à tourner Mazarin en ridicule , à braver la reine, et à insulter le gouvernement qu'il dédaignait.
On employa de tous côtés des moyens aussi bas qu'odieux. Joly conseiller au Châtelet, depuis secrétaire du cardinal de Retz , imagina de se faire une incision au bras, et de se faire tirer un coup de pistolet dans son carrosse, pour faire accroire que la cour avait voulu l'assassiner.
Quelques jours après, pour diviser le parti du prince de Condé et les frondeurs, et pour les rendre irréconciliables, on tire des coups de fusils dans les carrosses du grand Condé, et on tue un de ses valets de pied, ce qui s'appelait unejoUade renforcée. Qui fit cette étrange entreprise; est-ce le parti du cardinal Mazarin? Il en fut très-soupçonné. On en accusa le cardinal de Retz, le duc de Beaufort et le vieux Broussel, en plein parlement, et ils furent justifiés.
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Tous les partis se choquaient, négociaient, se trahissaient tour h tour. Chaque homme important, ou qui voulait Tétre, prétendait établir sa fortune sur la ruine publique; et le bien public était dans la bouche de tout le monde. Gaston était jaloux de la gloire du grand Condé et du crédit de Mazarin. Condé ne les aimait ni ne les estimait. Le coadjuteur de Tarchevéché de Paris voulait être cardinal par la nomination de la reine, et il se dévouait alors à elle pour obtenir cette dignité étrangère, qui ne donnait aucune autorité, mais un grand relief. Telle était alors la force du préjugé, que le prince de Conti, frère du grand Condé, voulait couvrir sa couronne de prince d'un chapeau rouge. Et tel était, en même temps, le pouvoir des intrigues, qu'un abbé sans naissance et sans mérite, nommé La Rivière , disputait ce chapeau romain au prince : ils ne l'eurent ni l'un ni l'autre : le prince parce qu'enfin il sut le mépriser; La Rivière, parce qu'on se moqua de son ambition : mais le coadjuteur l'obtint pour avoir abandonné le prince de Condé aux ressentiments de la reine.
Ces ressentiments n'avaient d'autre fondement que de petites querelles d'intérêt entre le grand Condé et Mazarin. Nul crime d'état ne pouvait être imputé à Condé; cependant on l'arrêta dans le Louvre, lui, son frère de Conti, et son beaufrère de Loogueville , sans aucune formalité, et uniquement parce que Mazarin le craignait. Cette démarche était, à la vérité, contre toutes les lois, mais on ne connaissait les lois dans aucun des partis.
Le cardinal, pour se rendre maitre de ces prince, usa d'une fourberie qu'on appela politique. Les frondeurs ét$iient accusés d'avoir tenté d'assassiner le prince de Condé; Mazarin lui fait accroire qu'il s'agit d'arrêter un des conjurés, et de trom-
Id4 HISTOHŒ m PnANGE;
per les fi^ondeiirs; que c'est à àon altesse à signer Tordre aux gendarmes de la garde de se tenir prêts au Louvre. Le grand Condé signe lui-même Vordre de sa détention.
Ce qui montre combien les événements trompent les hommes , c'est que cette prison des trois princes, qui semblait devoir assoupir les factions, fut ce qui les releva. La mère du prince de Condé, exilée, resta dans Paris malgré la cour, et porta sa Requête au parlement. Sa feinme, après mille périls, , se réfugia danà la vtUô de Bordeaux ; aidée des ducs de Bouillon et de Là Rochefoucauld, ellô souleva cette ville, et arma rfispagtië.
Toute la Frahce redemandait le grand Condé. S'il avait paru alors, la cour était perdue. Goutville, qui de simple valel de chambre du dac de Là Rochefoucauld, était devenu un homme considérable par soti caractère hardi et prudent, imagina un moyen sûr de délivrer les princes enfermés alors à Vincennes. Un des conjurés eut la bêtise de se confesser à un prêtre de la Fronde. Ce malheureux prêtre avertit le coadjuteur, persécUtëtir en ce temps-lh du gratïd Condé. L'entreprise échoua par là.
Uti an après, les mêmes frondeur^ tiui avaient vendu lé grand Condé et les princes à la vengeance timide de Mazarin, forcèrent la reine à ouvrir leurs prisons, et à chasser du royaume son premier ministre. Mazarin alla lui-même au Havre, où ils étaient détenus; il leur rendit leur liberté, et ne fut reçu d'eux qu'avec le mépris qu'il en devait attendre ; après quoi il se retira à Liège. Condé revint dans Paris aux acclamations de ce même peuple qui l'avait tant haï. Sa présence renouvela les cabales, les dissensions et les meurtres.
Le rpyàUme relstà dàn$ cette combustion encore quelques
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atinëes. f^e gouveruemeot ne prit presque jamais qiirito par^ lis hlUeè et inoertmns : il semblait deroir soeeembdr ; mait les révoltés furent toujours désunis, et e'est ce qui sauva la oe«r; Le coadjuteur, tantôt ami, tantôt ennemi du prince da Condé, susdta contre lui une partie du parlement at du peu^ pie : il osa en n^ine temps servir la reine, en tenant téta à ne prince, et Toutrager, en la forçant d'éioifner la cardinal Ma^ aarin, qui se retira à Cologne. La rdne^ par une eootraàiottôtl trop ordinaire aux gouvernements faibles, Ait obligée da M» voir à la fois ses services et ses offioases , et de taoauner aé ieardinalat ce même eoadjuleur , Tanteur des barricades^ qui avait contraint la familte royalô à sortir éa la aapitalei at i rassëger.