‹ Histoire de France, Volume 14Chapitre 6 sur 48 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Gaerrft en AileBMgiia , dans les Pays-Bas et sur la frontière d'Espagne.

Le général Jean de Wert était aussi impatient que le duc de Saxe-Weimar d'en venir aux mains (1).

(1) Jean de Wert était Ton des plus célèbres partisans du dix-septième siècle. U avait menacé Paris. Enfermé d'abord à Yincennes , il n'eut bientôt d'antre prison que

Mais, cette fois , Tarmée impériale fut mise en déroute et Jean de Wert lui-même fut fait prisonnier. Son nom était l'effroi des Parisiens; aussitôt qu'ils apprirent sa capture, leur esprit railleur fit contre lui des chansons pour se venger des craintes qu'il leur avait inspirées. Jean de Wert arriva sous bonne escorte, et fut conduit au donjon de Vincennes.

Vers la même époque, le duc de Rohan mourut des blessures qu'il avait reçues dans le premier combat que le duc de Weymar avait soutenu contre Jean de Wert ; il fut enterré à Genève,, dans l'Eglise de Saint -Pierre, avec une grande pompe.

Après la victoire d'Alsenfeld, qui obtint en France les honneurs du Te Deum , le duc de Weymar, poursuivait ses avantages; il assura d'abord sa retraite sur le Rhin par la prise de plusieurs places, pénétra ensuite dans la Souabe, et de ià dans le Wurtemberg, et alla enfin mettre le siège devant Brisach , qui était regardé alors comme la clé de tous les pays situés au-delà du Rhin.

Quant aux hostilités du côté des Pays-Bas, le roi avait fait réunir trois corps d'armée commandés chacun par un maréchal de France, qui devaient agir ensemble ou séparément; mais tout le bénéfice qu'on retira de cet armement considérable, après bien des marches et des contremarches, fut de s'emparer du Catelet.

la capitale. Le cardinal de Richelieu lui donna , dans son château de G)uflans , une fête dont le duc d'Orléans fit lui-même les honneurs. Sa captivité dura quatre ans. Son nom resta longtemps populaire en France. Plus de cinquante ans après, on le retrouve encore dans les refrains des chansons. 11 y avait un air de trompette qu'on nommait l'air de Jean de Wert. Les Parisiens allaient ?oir

Le redoutable Jean de Wert Qui tous les avait pris sous vert.

On n'nvait pas eu plus de succès contre les Espagnols dans le midi de la France.

Le principal but de rexpédition qu'on tenait secrète était d'entrer en Espagne par Béhobie , pour aller faire le siège de Fonlarabie.

. Tout alla à merveille au début: on jeta Tennemi dans la rivière ; la ville d'Irun fut emportée au pas de course; on s'assura du port nommé le Passage , en prenant deux forts qui le défendaient. Plusieurs vaisseaux, beaucoup de canons et de mousquets , et un immense matériel d'une armée navale tombèrent au pouvoir de l'armée victorieuse , et l'on forma immédiatement le siège de Fontarabie.

Comme cette place pouvait être secourue par mer, la flotte française, commandée par l'archevêque de Bordeaux, parut bientôt en vue.

Cependant la garnison de Fontarabie faisait une résistance , énergique ; ses sorties occasionnaient de grandes pertes aux Français, et deux armées espagnoles s'avançaient à son secours, l'une par Saint -Sébastien, l'autre par Tolosa. Elles furent bientôt en face de l'armée assiégeante. Le 7 septembre , la bataille commença, elle eut un résultat auquel les Français ne s'attendaient guère ; les Espagnols remportèrent une victoire complète , et à six heures du soir , Fontarabie était délivrée, et il n'y avait pas un seul Français sur la terre d'Espagne. Ordre fut donné au duc de La Valette de quitter son commandement et devenir se justiflerà la cour; mais le duc de La Valette préféra se retirer en Angleterre pour y pubUer une apologie de sa conduite. On lui fit en France son procès par contumace.

Les Français furent cette année plus heureux que les Espa^

ââ HISTOIRE DE FRANGE.

gnols sur mer. Ces derniers furent battus dans l'Océan par Tarchevéque de Bordeaux, et dans la Méditerranée par le comte d*Harcourt. '

En Italie, le maréchal de Créqui fut emporté par un boulet en allant examiner la forteresse de Brenco, située sur le Pô , que le général espagnol, marquis de Leganez, tenait assiégée. Désespéré de cette perte , le baron de Montgaillard, qui commandait dans Brenco , capitula ; mais le cardinal trouva qu'il s'était trop hâté, et fit traduire en conséquence le baron devant un conseil de guerre assemblé à Casai , qui le condamna à perdre la tète, et la sentence fut exécutée. Il donna pour successeur dans le commandement de l'armée au maréchal de Créqui , le cardinal de La Valette.

Cependant la duchesse de Savoie , sœur de Louis Xni, flottait entre la France et l'Espagne ; pour décider la duchesse en faveur de cette dernière puissance, le gouverneur de Milan crut n'avoir rien de mieux à faire que de publier un manifeste.

Il y était dit : que le roi d'Espagne son maître prenait sous sa protection le jeune dup de Savoie; qu'il allait envoyer une armée pour le débarrasser des Français, qui avaient imposé à son père des traités faits par la violence , et par conséquent nuls; enfin qu'il voulait prendre possession de tout le duché, en contraignant les Français à remettre les places dont ils s'étaient indûment emparés.

L'armée espagnole alla mettre le siège devant la place de Verceil ; c'est alors que la duchesse de Savoie signa un traité par lequel elle s'engageait à déclarer aussitôt la guerre au roi d'Espagne , et à fournir son contingent à la France.

La réputation militaire du cardinal dé La Valette reçut, en

LOUIS XIU. 2$

cette circonstance, un nouvel échec, on lui reprocha son inexpérience ; mais il en fut quitte à ce prix.

Le général allemand comte de Goetz avait succédé à Jean de Wert dans le commandement de l'armée impériale; il se trouva bientôt en présence du duc de Weymar , près de Mplberg ; il fut complètement battu , et le résultat de cette victoire fut la prise de Brisach , conquête importante , puisqu'elle donnait une défense à la Bourgogne çt imposait un frein à TAutriche.

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