CHAPITRE XXXIL
Négoi^tions pour la paix.
le pape Urbain VIU s'était principalement occupé de Ja paix, et il avait amené les puissances belligérantes à convenir du lieu où se réuniraient leurs plénipotentiaires. Le li^ désigné était la ville de Cologne , où le cardinal Ginetti se rendit dès le mois d'octobre 4 636.
Mais les amis de la paix n'étaient pas au bout de leurs mécomptes; des difficultés survinrent en effet, la plus grande, celle qui devait paralyser tous les efforts, c'est que les ministres avaient reçu Tordre de n'avoir aucun rapport avec les envoyés des états protestants. La cour de France ne pouvait approuver le pape en cette circonstance ; elle lui rq)résentait qu'en excluant les plénipotentiaires prot^tants de cette assemblée , la paix était impossible , et qu'elle ne se séparerait pas de ses alliés.
Le pape consentit que les Vénitiens se chargeassent de cette mission et d'une demande de passeports faite à l'empereur pour les re|)résentants de ces élals protestants ;
mais la Suède s*en trouva scandalisée , et décida en conséquence qu*die n'enverrait à rassemblée de Cologne qu'un simple agent , n'ayant aucun pouvoir pour coopérer aux travaux de cette assemblée.
Une autre difficulté s'éleva sur la manière dont ces passeports seraient délivrés; le roi d'Espagne ne demandait pas mieux que d'en donner aux représentants de la Suède ; mais il ne voulait pas entendre parler de ceux de la Hollande. De son côté, Tempereur se montrait intraitable sur ces sauf-conduits à délivrer aux alliés protestants de la France et de Suède qui lui faisaient la guerre ; et comme le cardinal de Richelieu persistait :\ ne vouloir traiter de la paix que dans une réunion complète d(î toutes les parties intéressées , il s'ensuivait que le cardinal Ginetti était dans la plus complète inaction à Cologne.
Indépendamment d'un traité de paix définitif, on avait songé à Rome aux moyens d'arriver à une trêve générale ; mais il fut encore impossible de s'entendre sur le lien où se tiendrait cette nouvelle assemblée : le pape proposait Rome , mais le conseil de France voulait que cette proposition de trêve se traitât à Cologne, comme déjà saisi d'un projet de paix définitif.
Enfin , le 1 5 mars 1 638 , la France renouvelait son traité avec la Suède ; c'était près de dix-huit mois après l'envoi du cardinal Ginctii h Cologne pour conférer de la paix , ainsi que nous l'avons rapporté ci-dessus. 11 était dit dans ce traité que ni la France ni la Suède ne refusaient de concourir au rétablissement d'une paix honorable, mais qu'elles n'arrêteraient rien l'une sans l'autre, leur ferme résolution étant d'agir de concert; qu';t cet effet, les deux cours alliées proposaient ou
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de réunir toutes les parties intéressées dans une même assemblée pour traiter en commun , ou de décider qu'il y aurait deux assemblées , Tune où la France convoquerait ses coreligionnaires , l'autre où la Suède appellerait les siens.
Mais ces deux propositions , qui occupèrent toute l'année 1639, rencontrèrent d'aussi grandes difficultés que celle du pape Urbain VIII de la part de l'empereur et du roi d'Espagne ; de sorte que l'on n'était pas plus avancé pour la paix, et même pour une simple trêve , que le premier jour des négociations.