‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 11 sur 341 · TRÊVE DE RATISBONNE · texte numérisé non relu

TRÊVE DE RATISBONNE

chilienne. Si ces hommes indomptables, qui rappelaient, au xvir' siècle, le farouche héroïsme des Normands du 1x°, eussent été, comme ceux-ci, capables de devenir de pirates conquérants, ils eussent renversé l’empire colonial de l'Espagne presque aussi aisément que les Espagnols avaient autrefois renversé les empires du Mexique et du Pérou. Plus sauvages que les anciens pirates scandinaves, la fureur dés aventures, la passion de la vie errante, les empêchèrent de prendre pied en aucun lieu ; mais ils firent expier cruellement les crimes des conquérants de l'Amérique à leurs descendants amollis. Les Hispano-Américains fuyaient devant eux comme des troupeaux devant le lion. Les Espagnols d'Europe, au moins, gardaient l'honneur intact dans leur décadence : ils restaient toujours braves !

L'Espagne n'avait de secours à attendre de personne. Également irritée contre les Hollandaiset contre le roi d'Angleterre, elle avait remis la négociation entre les mains de l’empereur ; elle n’y gagna rien. Quoique le pape eût entraîné Venise à s’unir à l’empereur et à la Pologne contre la Porte othomane, Léopold avait besoin de toutes ses ressources pour la guerre de Hongrie, les Turcs faisant des efforts désespérés pour venger leur déroute de Vienne. Les troupes françaises commençaient à se diriger sur le Rhin. Louis XIV voulait à tout prix une solution de ses différends avec l'Allemagne. Léopold céda pour l'Allemagne et pour lui. Le 15 août, une double trêve de vingt ans fut signée à Ratisbonme, la première entre l’empereur, l'Empire et le roi de France, la seconde entre la France et l'Espagne. Louis XIV, pendant ces vingt ans, devait rester en possession de Strasbourg et de ses dépendances, ainsi que de tout ce que les chambres de réunion avaient adjugé à sa couronne avant le 1° août 1681. En 1681, il avait offert, pour garder Strasbourg, de rendre tout le reste des réunions, et même Freybourg. Les délais de ses adversaires avaient donc été pour lui d’un immense profit. Quant à l'Espagne, les conditions étaient celles signifiées par Louis à l'ouverture du siége de Luxembourg !. -

De la paix de Nimègue à la trêve de Ratisbonne, la France avait

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