‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 125 sur 341 · ITALIE. CATALOGNE · texte numérisé non relu

ITALIE. CATALOGNE

çais, s'étaient soulevés contre eux avec fureur. Les paysans armés, plus redoutables aux conquérants que ne l’avaient été les troupes régulières de l'Espagne, battaient les détachements, enlevaient les convois, bloquaient les places. Le maréchal de Noaïlles, qui sentait la situation devenir de plus en plus difficile et qui était las de lutter contre le mauvais vouloir du ministre de la guerre, demanda son rappel sous prétexte de maladie. Le roi envoya le duc de Vendôme. Cet arrière-petit-fils d'Henri IV et de Gabrielle, très-débauché, très-spirituel et très-brave, s'était fort signalé partout où il avait porté les armes, mais n'avait point encore commandé en chef. Ce choix fut plus heureux que celui de Villeroi. Vendôme avait de grands défauts, mais des qualités plus grandes encore. Par ses qualités comme par ses défauts, il ressemblait fort à Luxembourg, qu’il remplaça, comme Luxembourg avait remplacé le grand Condé, sans tout à fait l’égaler. Notre histoire présente une double série décroissante de capitaines qui semblent engendrés les uns des autres et qui représentent le génie de la guerre sous ses deux aspects : ce sont Condé et Turenne, Luxembourg et Catinat, Vendôme et Berwick ‘. Vendôme, dans l’état des choses, ne put faire un brillant début. Il dut démanteler Ostalrich, Castelfollit, Palamos et quelques autres postes qu’il ne pouvait garder au milieu d’un pays soulevé, et, des conquêtes de l’année précédente, il ne conserva que Girone.

En 1695, comme en 1694, la France n’eut pas de flotte sur les mers du Ponant. Les Anglo-Bataves recommencèrent leurs attaques contre nos villes maritimes. Le 14 juillet, les amiraux Berkeley et Allemunde se présentèrent de nouveau devant Saint-Malo et bombardèrent à la fois la ville et le fort de la Conchée, bâti sur un rocher dans la mer pour défendre l'approche de la place. Ils ruinèrent ou endommagèrent un certain nombre de maisons, mais ne purent pas même brûler le fort, qui n’était alors qu’en bois et qui fut, bientôt après, remplacé par une citadelle plus redoutable. Plusieurs de leurs galiotes à bombes furent coulées ou brülées par le feu de la place et du fort. De là, ils firent voile

Page 1