‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 126 sur 341 · A l’école de Condé peut aussi se rattacher Villars · texte numérisé non relu

A l’école de Condé peut aussi se rattacher Villars

vers les côtes de Normandie, bombardèrent en passant Granville, petite ville alors sans défense et sans importance, puis se dirigèrent sur Dunkerque après avoir renouvelé leurs instruments de destruction. Des chaloupes armées empêchèrent les galiotes d’approcher de Dunkerque et allèrent héroïquement accrocher et détourner les machines infernales lancées contre les forts des deux jetées. Pas une seule bombe n'arriva jusqu’à la ville (11 août). Les alliés perdirent dans leur retraite une frégate échouée et brûlée. Ils ne furent pas beaucoup plus heureux contre Calais ; ils firent quelque dégât dans la place avec leurs bombes, mais ne purent incendier le fort de bois qui protégeait Calais du côté de la mer. Les grands préparatifs et les terribles menaces des Anglais aboutirent ainsi, comme on le dit spirituellement en France, à casser des vitres avec des guinées : ils avaient dépensé incomparablement plus que ne valaient les maisons qu'ils brûlèrent.

Tandis que les Anglo-Bataves employaient leurs principales forces navales à protéger les côtes d’Espagne et à insulter les côtes de France, les corsaires français continuaient à désoler leur commerce. Dunkerque et Saint-Malo bravaient l’impuissante colère des alliés et regorgeaient de leurs dépouilles. Les riches vaisseaux de la compagnie anglaise des Indes-Orientales furent enlevés au retour, avec beaucoup de navires des Antilles ; la perte fut d’un million sterling. Les Anglais et les Espagnols échouèrent dans une attaque contre la partie française de Saint- Domingue : les Français, au contraire, prirent et détruisirent le fort anglais de la Gambie au commencement de l’année suivante. |

La mer tenait rigueur aux alliés ; cependant, pour la première fois, le résultat général de la campagne leur était avantageux. La France s'était vu enlever deux places de premier ordre. L’une de ces places, à la vérité, ne devait plus profiter à personne et la défection du duc de Savoie allait ôter aux alliés beaucoup plus que ne leur donnait l’annulation de Casal.

Les alliés ne voulaient pas encore ouvrir les yeux sur cette défection imminente et s’enivraient de succès bien nouveaux pour eux. Guillaume et Léopold croyaient voir s’ébranler enfin le colosse de la monarchie française et s’obstinaient à redoubler

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