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CONFÉRENCES DE HALL

ques II le successeur de Guillaume. Jacques, dans un manifeste adressé au congrès de Ryswick, avait protesté, en mars dernier, contre toute combinaison de ce genre et con’re tout abandon de ses droits !.

Les conférences de Boufflers et de Portland, outre leur objet direct, avaient été certainement calculées afin de peser sur le congrès de Ryswick, où les agents de l’empereur continuaient à entraver les négociations. Les événements d’Espagne exercèrent une pression beaucoup plus forte encore. Avec des forces infiniment moindres qu’en Belgique, les armes françaises avaient obtenu de ce côté un succès incomparablement plus grand. Avant que les opérations se rouvrissent dans la péninsule espagnole, la campagne avait débuté très-malheureusement pour l'Espagne dans ses possessions d'Amérique. Une escadre corsaire, c’est-à-dire formée de bâtiments du roi équipés aux frais des armateurs, était arrivée de Brest dans la mer des Antilles à la fin de l'hiver : le chef d’escadre Pointis, qui avait sous ses ordres huit vaisseaux et grosses frégates, une galiote à bombes et quelques petits bâtiments, s'était renforcé de sept petites frégates flibustières commandées par Ducasse, gouverneur de Saint-Domingue. L’expédition fit voile pour Carthagène, le riche entrepôt du Pérou avec l'Espagne, et jeta sur la plage trois mille cinq cents soldats et flibustiers, qui emportèrent d'assaut ou par capitulation les trois forts de la rade et de la ville, puis la ville elle-même, malgré une défense courageuse qu’on n’était guère accoutumé à rencontrer chez les Hispano-Américains (15-30 avril). On permit aux habitants d’emporter leurs effets; mais tout l’or, tout l'argent , toutes les pierreries, furent la proie du vainqueur. Pointis repartit après avoir fait sauter les fortifications : il évita une escadre anglaise beaucoup plus forte que la sienne, en combattit une autre chemin faisant et rentra à Brest sain et sauf, rapportant plus de 10 millions à ses armateurs. Les officiers de l’escadre et les flibustiers s'étaient fait largement leur part, et les Espagnols avaient probablement perdu plus de 20 millions ?.

1. Actes de la paix de Ryswick, t. 1°", p. 460, 490. 2. Quinci, t. Il, p. 354-388. — Le chef d’escadre Nesmond fit, pendant ce temps, pour 6 millions de prises sur les Anglais.

Ce n’était là toutefois qu’un lointain épisode de la guerre : l’'Espagne fut frappée de plus près et sur son propre sol. La guerre de Catalogne avait pris un caractère tout nouveau. Le duc de Vendôme, avec une trentaine de mille hommes, s'était présenté, le 6 juin, devant Barcelone, pendant que le vice-amiral d'Estrées fermait le port avec dix vaisseaux et frégates, trente galères et deux galiotes à bombes, et débarquait l'artillerie de siége et les approvisionnements de l’armée. Les assiégeants ne pouvaient s’avitailler par terre, à cause des miquelets qui interceptaient toutes les routes : le siége eût été impossible si les Français n’eussent été maîtres de la mer. Ils le furent. Les Anglo-Bataves, appelés par les Espagnols, ne parurent pas. L’entreprise était néanmoins bien difficile encore : il fallait, pour y donner chance, toute l’audace de Vendôme , tout l'élan qu’il savait inspirer à l’armée; douze mille soldats, que renforcèrent quatre mille mMiliciens triés parmi les Barcelonais comme les plus attachés à la cause espagnole, défendaient la place : une douzaine de mille hommes occupaient deux camps à peu de distance, l’un, composé de cavalerie, aux bords de Llobregat, l’autre, d'infanterie et de miquelets, sur les montagnes; ils communiquaient librement avec Barcelone par la citadelle du Mont-Juich, que Vendôme n’avait pu investir en même temps que la ville, faute de forces suffisantes. Rien ne rebuta les assiégeants : la tranchée fut ouverte, le 15 juin, devant la Vieille-Ville ! : du 4 au 6 juillet, le chemin couvert fut emporté après deux assauts sanglants, les galiotes secondant l’armée de terre en lançant des bombes sur la ville; le 14 juillet, deux gros détachements français assaillirent à l'improviste les deux camps espagnols , les emportèrent et rejetèrent les deux corps ennemis, l'un au delà du Llobregat, l’autre sur la cime des montagnes (14 juillet). Une partie de la cavaierie battue parvint à se jeter dans Barcelone ; mais les Français n’en prirent pas moins d'assaut deux bastions le 22 juillet. Il n'avaient plus devant eux que la vieille mais forte enceinte du moyen âge, qui fermait la gorge des bastions. On l’attaqua par la sape et la mine. Le 5 août, les mines étant prêtes à jouer, Vendôme fit sommer la place. Le gou-

1. Barcelone est divisée en Vieille-Ville, Nouvelle-Ville et Mont-Juich.

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