‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 155 sur 341 · FONTENELLE. DELISLE. TOURNEFORT · texte numérisé non relu

FONTENELLE. DELISLE. TOURNEFORT

échapper à ses calculs par la grandeur incommensurable des quantités. Notre Fermat ! avait posé le principe dont Leibniz et Newton tirent les conséquences ; un autre géomètre français, le marquis de L’Hôpital, améliore et surtout répand la nouvelle méthode; il publie, en 1697, l'Analyse des Infiniment Petits, et dévoile par là les mystères de l'infini géométrique et de l'infini de l'infini, «en un mot, de tous ces différents ordres d’infinis qui s'élèvent les uns au-dessus des autres et forment l'édifice le plus étonnant et le plus hardi que l’esprit humain ait jamais osé imaginer ?. »

Dans les mathématiques appliquées et les sciences naturelles, les savants français soutiennent la gloire nationale : Lahire s° montre le digne émule de Cassini; Sauveur perfectionne l’acoustique; le mécanicien Varignon découvre les causes de l'équilibre ?, Jusqu’alors, la géographie n’avait été qu’une science empirique, marchant à tâtons sur les rapports des voyageurs : Delisle en fait une science exacte, en substituant la précision mathématique aux approximations conjecturales, grâce à la détermination des longitudes, due aux observations de Cassini sur les satellites de Jupiter (1699). On peut juger par un seul fait de l'importance de cette révolution : avant Delisle, les géographes donnaient à la Méditerranée trois cents lieues de trop, du couchant au levant! La botanique devient, comme la géographie, une science française, par les beaux travaux de Tournefort. Quelques botanistes anglais et allemands avaient essayé des systèmes de classification incomplets : Tournefort arrive le prernier, en prenant la fleur pour base fondamentale, la fleur et le fruit réunis pour base secondaire, à une classification vraiment générale (1694), que ses voyages dans le Levant, entrepris au frais du roi, enrichissent de milliers de plantes non décrites (1700).

La renommée de ces modestes et utiles labeurs, qui transforment diverses branches de la science, est comme étouffée dans

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