‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 16 sur 341 · HOUSE · texte numérisé non relu

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ville d'une étendue médiocre. Toutes les constructions qui avaient échappé à la destruction en 1683, ou qui avaient été relevées depuis, furent brûlées, écrasées, pulvérisées. Six vaisseaux furent coulés dans le port (juillet 1688). Il s’ensuivit un nouveau traité en septembre 1689, traité aussi mal assuré que tous les précédents. Une bonne descente, un sérieux essai de conquête, n’eût pas coûté plus que ces expéditions sans cesse réitérées ; mais on était engagé dans une autre direction et dans d’autres luttes ; aussi les ambassades barbaresques qui vinrent à diverses reprises porter au Grand Roi des paroles de paix et de soumission, furent-elles plus flatteuses pour son orgueil que fécondes en résultats ".

De fréquentes députations de pays lointains, attirées par le renom du roi de France et par la multiplication des relations, se succédaient ainsi à la cour et faisaient pour ainsi dire, partie obligée des pompes de Versailles. Déjà, avant la guerre de Hollande, l'envoyé d’un chef de la côte de Guinée, du roi noir d’Ardra, avait été reçu avec autant d’apparat qu’eût pu l’être le représentant d’une grande puissance. Deux ambassades moscovites avaient paru devant Louis XIV en 1668 et 16812. En 1684, il vint, desextrémités de l'Orient, une autre députation qui excita la plus vive curiosité et flatta singulièrement le roi. Un aventurier nommé Constance Phaulkon, Grec de naissance, élevé parmi les Anglais, était devenu le ministre du roi de Siam, le prince le plus puissant de la presqu'ile orientale des Indes. Constance chercha un appui, entre les états maritimes de l’Europe, et pour lui et pour le royaume qu’il gouvernait. Le roi de Siam était en guerre avec tous les princes indiens, ses voisins, et inquiété par les Hollandais, qui possédaient Malacca et qui dominaient l'archipel de la Sonde; le progrès des établissements français dans l’Hindoustan avait attiré ses regards : Constance le décida à solliciter l'amitié du roi de France. Des envoyés siamois, dès 1681, s'embarquèrent sur un vaisseau de la com-

1. Quinci, t. Il, p. 118-147. — L. Guérin, t. I, p. 540. —- E. Sue, t. III, p. 505. — Dumont, t. VIT, 2° part., p. 105.

2. Louis XIV envoya, de son cèté, un agent en Russie et détourna, dit-on, les deux jeunes tzars, Ivan et Pierre, de s’unir à l’empereur et à la Pologne contre les Turcs.

RE V. la Cour de France turbanisée, p.168. — T1 vint une troisième ambassade moscovite en 1685; V. les Mém. de Sourches, t. IV, p. 118.

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