‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 167 sur 341 · Bausset, Histoire de Bossuet, t. III, p. 156. XIV · texte numérisé non relu

Bausset, Histoire de Bossuet, t. III, p. 156. XIV

suet, si l'on ne contestait absolument l'existence de toute autorité infailiible et si l’on ne proclamait, comme l'avaient fait depuis longtemps une partie des arminiens anglais, l'indépendance de la conscience individuelle. Sur un autre point capital, Jurieu fut encore le seul qui tint tête à Bossuet. L'Histoire des Variations reprochait aux églises réformées d’avoir autorisé la révolte pour la défense de leur religion, contrairement au précepte de l’obéissance aux puissances. Basnage louvoya. Jurieu soutint nettement le droit de résistance à la tyrannie et proclama en termes exprès la souveraineté du peuple, ceci avant la publication du livre de Locke. Ce fut donc un écrivain français qui ramena le premier sur notre horizon ce principe délaissé en France depuis la fin du seizième siècle (1689). Bossuet dans sa réplique, nie toute souveraineté virtuelle et antérieure à la constitution de la puissance publique, et confond entièrement la souxeraineté et le gouvernement '.

Quel que fût l’éclat de sa controverse, Bossuet ne pouvait se flatter de convertir ces réfugiés qui avaient sacrifié biens, famille et patrie pour rester fidèles à leur croyance ; mais il put quelque temps espérer d’un autre côté un grand triomphe. Tandis que la Réforme anglaise, hollandaise et française inclinait en majorité au rationalisme arminien, sinon au socinianisme , le protestantisme allemand primitif, la vieille église de Luther, glissait sur la pente opposée, vers l’église catholique. Les traités qui consacraient la paix de religion dans l’Empire avaient toujours, comme chez nous l’édit de Nantes, réservé l’espérance du rétablissement de l'unité, et les diètes germaniques avaient parfois agité les moyens de réaliser cette espérance. Sur la fin du xvn: siècle, des 1égociations sérieuses eurent lieu entre catholiques et luthériens: les préjugés étaient bien diminués; les équivoques dissipées ; l'Exposition de la Doctrine de l'Église, de Bossuet, avait fait grand effet. L'empereur Léopold, en 1691, investit l’évêque de Neustadt d’un plein pouvoir « pour traiter avec tous les états, communautés ou même particuliers de la religion protestante, et travailler à leur réunion en matière de foi ». La branche électorale de Saxe,

1. V. Avertissements aux protestants. — Les Avertissements aux protestants sont les répliques de Bossuet aux critiques de Jurieu contre son livre,

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