Réponses à un provincial, ch
la main les générations qui briseront un jour les églises comme
on a brisé les temples !
Les derniers jours de Bossuet furent tristes, on rapporte de
lui des paroles d’amer découragement. « Je prévois, disait-il, « que les esprits forts pourront être décrédités, non pour aucune « horreur de leurs sentiments, mais parce qu’on tiendra tout « dans l'indifférence, hors les plaisirs et les affaires. » Le combat enflamme et ne décourage pas; le combat, c’est la vie; mais, par-dessus le combat de la religion et de la philosophie, Bossuet prévoit une paix dans le néant, une mort morale, dont Dieu préserve la France et l’humanité!
Le vieil athlète fatigué va enfin chercher le repos dans la tombe. Bossuet meurt (12 avril 1704) : Voltaire est né (20 fév. 1694) *.
I. Bourdalaue mourut un mois après Bossuet ; Bayle, en 1706. — Le Journal de l'abbé Ledieu contient, sur les derniers temps de Bossuet, des détails qui nous montrent la part que cette âme si forte avait aux faiblesses humaines : il se laisse gouverner par des neveux et nièces fort peu dignes de lui; épuisé, mourant, il ne peut se décider à quitter Versailles, jusqu’à ce qu’il ait assuré sa succession épiscopale à son neveu et d’autres avantages à sa famille. « Veut-il donc mourir à la cour ? » disait sèchement madame de Maintenon, fatiguée de ses instances en faveur de son neveu. Il part enfin de Versailles; maïs son neveu l'empêche de pousser jusqu’à sa ville épiscopale de Meaux, et il s'exerce à monter les escaliers, à Paris, pour retourner bientôt gravir ceux de Versailles. Il témoigne un amour de la vie qu’on ne s’attendait pas à trouver chez lui. Journal de l’abbé Ledieu, t. IT, année 1703. Malgré tout, nous ne trouvons pas que ce grand homme perde beaucoup à ces révélations de sa vie privée; il est moins imposant, mais aussi moins roide que nous ne sommes habitués à le voir, et la bonté gagne en lui ce que perd la majesté,