‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 200 sur 341 · CHAMILLART · texte numérisé non relu

CHAMILLART

d'état et maîtres des requêtes, et de douze négociants des principales places de commerce, parut mettre les choses dans une meilleure voie. Divers droits de sortie qui gênaient l'exportation furent réduits ou supprimés. La défense de saisir les bestiaux, qui avait porté de si excellents fruits sous Colbert, fut renouvelée pour six ans en 1701'. On encouragea le commerce lointain : une compagnie s'était formée en 1698 pour le commerce et l’agriculture de Saint-Domingue; le commerce libre s’introduisait avec succès à la Chine, tandis que la compagnie privilégiée des Indes Orientales ne se soutenait qu’à grand’peine. Des manufactures nouvelles se fondèrent; par exemple, la cristallerie, la verrerie gravée, ciselée, etc. Mais tout cela ne remettait pas les finances et, d’ailleurs, les événements politiques arrêtèrent bientôt ce progrès ?.

Dans cet effort que le pouvoir fit, après la guerre, pour se reconnaître et s'orienter, en même temps que la situation économique, la situation religieuse du pays attira l’attention du roi. Louis avait voulu en vain détourner ses regards de la grande aflaire protestante, où il sentait avec amertume son entreprise avortée. « On croit, » écrivait madame de Maiïntenon, «anéantir les choses en n’en parlant pas. » Il fallut bien finir par en parler et par se faire un plan de conduite. On demanda des renseignements et des avis aux intendants. Il résulta de ces renseignements qu'il n’y avait guère en France plus de catholiques véritabies qu'avant la révocation de l’Édit de Nantes; que les nouveaux convertis avaient gardé presque généralement l’hérésie dans le cœur et continuaient à faire corps entre eux, vivant sans aucune profession extérieure de religion, dès qu’on cessait de leur extorquer par la violence des actes de catholicisme ; là où les intendants, excités par le clergé, continuaient à charger les récalcitrants de taxes et de logements militaires, l’émigration était incessante. De l’aveu de l’impitoyable intendant du Languedoc, Basville, il y

1. On la renouvela en 1708 pour six autres années, En 1677, les terres domaniales vagues avaient été cédées à qui les défricherait : c'était une très-bonne mesure; malheureusement, tout cela fut mis en terres à blé et l’on ne fit point la part des cultures fourragères.

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