‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 209 sur 341 · Mém. de Villars, p · texte numérisé non relu

Mém. de Villars, p

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Louis ne se départit point du traité de partage et pressa derechef l'empereur d’accepter (6 octobre). L'empereur répondit négativement pour la dernière fois : il se croyait maintenant assuré que Guillaume III n’aiderait pas à lui forcer la main.

La réponse du pape, sur ces entrefaites, était arrivée à l'Escu. rial. Innocent XII avait eu gravement à se plaindre de Léopold, qui avait récemment renouvelé des prétentions surannées sur les fiefs de l’État Romain autrefois dépendants de l’Empire : on peut croire néanmoins que, près de descendre au tombeau aussi bien que celui qui l’'interrogeait, Innocent laissa parler sa conscience et non son ressentiment. Il posa la question à une congrégation de trois cardinaux, qui la traitèrent non point en casuistes vulgaires, mais en hommes d’état. Ils déclarèrent que les renonciations de la mère et de la femme du Roi Très-Chrétien n'avaient été faites que pour assurer la paix de la chrétienté et empêcher la réunion des deux couronnes de France et d’Espagne; que, pourvu que le Bourbon qui serait appelé à la succession espagnole renonçàt à perpétuité au trône de France, le but serait atteint; que l'Espagne pouvait parfaitement, si le bien de ses peuples le demandait , rentrer dans le droit commun de l’hérédité, auquel on n’avait dérogé qu’en vue de ce même bien. Le pape ratifia l'avis des trois cardinaux, l’expédia au Roi Catholique et mourut quelques semaines après (27 septembre).

Un reste d’attachement pour le nom autrichien retenait encore Charles IT ; mais, quand il sentit ses derniers jours approcher et que Porto-Carrero le menaça de damnation s’il ne se décidait pas pour le choix le plus conforme à la justice et au bien de ses peuples, il céda enfin : il autorisa ce prélat à faire dresser son testament d’après le sentiment des plus doctes théologiens et juristes. Le testament fut signé le 1* octobre; Charles y recommandait à son successeur d’être fort soigneux de la foi et obéissant au saint-siége, d'honorer et aider l’inquisition, de tout sacrifier à la défense de la foi; si quelqu'un de ses successeurs tombait en hérésie, il serait privé de tout droit à la couronne Après ce préambule, il déclarait pour son héritier, « conformément aux lois, » son parent le plus proche après ceux qui étaient destinés à monter sur le trône de France, c’est-à-dire le

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