‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 211 sur 341 · ANJOU, ROI D’'ESPAGNE · texte numérisé non relu

ANJOU, ROI D’'ESPAGNE

Le 12 novembre, Louis signifia sa résolution à la junte d’Espagne par une lettre très-digne et très-noble. Le 16, le nouveau roi Philippe V fut déclaré à Versailles. Après que l'ambassadeur d'Espagne eut salué et complimenté son jeune maître à genoux, à la manière espagnole, Louis XIV fit ouvrir à toute la cour les deux battants de son cabinet : « Messieurs, dit-il, voilà le roi d’Espagne. » Et, se tournant vers son petit-fils : « Soyez bon Espagnol; c’est présentement votre premier devoir; mais souvenez-vous que vous êtes né Français, pour entretenir l’union entre les deux nations; c’est le moyen de les rendre heureuses et de conserver la paix de l’Europe !. »

La junte accueillit la réponse de Louis XIV en faisant proclamer sur-le-champ Philippe V à Madrid et en priant «le Roi Très-Chré- « tien de vouloir disposer de toutes choses en Espagne, et d’être « assuré que ses ordres seraient aussi exactement suivis comme « en France (24-26 novembre). » Le président du conseil d’Aragon, qui s'était abstenu jusque-là de prendre part aux actes de la junte, faute de pouvoirs suffisants pour représenter la couronne d'Aragon dans ce conseil de régence, signa la lettre à Louis XIV avec le président de Castille et les autres membres de la junte ?. L’Aragon se décidait. Les possessions étrangères commencèrent de suivre cet exemple. L’électeur de Bavière, qui s'était fixé à Bruxelles depuis que Guillaume TI lui avait procuré le gouvernement des Pays-Bas catholiques, fut le premier entre les gouverneurs des possessions étrangères qui fit reconnaître le nouveau monarque par ses administrés. Louis XIV lui avait fait espérer au nom de Philippe V l'octroi de la Belgique en gouvernement héréditaire, et l'électeur nourrissait d’ailleurs une violente haine contre l'empereur, qu’il accusait d’avoir fait empoisonner son fils. Vaudemont, prince de la maison de Lorraine, qui commandait à

ment à Saint-Simon, qui intervertit les rôles. — Mém. de Torci, p. 550. — Mém. de Saint-Simon, t, III, p. 25. — Mém. de La Torre, t. II, p. 159. — Suivant Louville, madame de Maiïintenon était de l’avis de Beauvilliers et combattit très-vivement Yacceptation dans d’autres conférences moins solennelles qui eurent lieu‘chez elle. Le ministre de la guerre, Barbezieux, la réfuta et la réduisit en quelque sorte au silence. — Mém. de Louville, t. Ier, p. 27.

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