Général Pelct, t. VI, p. 1-136-201, — Villars, p
siéger Dunkerque; il ne leur convenait nullement de voir les Anglais rentrer en possession de ce port, conquis jadis par Cromwell, puis vendu par Charles IT. Marlborough s’écarta de la mer, se reporta sur l’Escaut à Espierre et fit investir derrière lui Menin, bonne place française de la Lis, qui était comme l’avant-poste de Lille (23 juillet). Vendôme arriva peu de jours après à Valenciennes et reforma enfin l’armée sur la Basse-Deule, en avant de Lille, du 19 au 23 août; il fit rétablir les anciennes lignes d'Ypres à la Marque, qui couvraient la Flandre française. Pendant ce temps, Menin, foudroyé par cent canons et soixante mortiers, succombait après une très- belle défense (22 août). Marlborough, voyant Ypres, Lille et Tournai protégés par la position qu'avait prise Vendôme, détacha une division sur Dendermonde, qui, depuis trois mois, se maintenait obstinément au milieu d’un pays occupé par l'ennemi et avait repoussé une première attaque. Dendermonde fut obligée de capituler le 6 septembre. De là, l'ennemi se porta sur Ath. Le gouvernement français avait fait de tels efforts, que l’armée se trouvait presque égale à l’ennemi en infanterie et en artillerie et supérieure en cavalerie; elle se ranimait sous la main de Vendôme, qui eût bien voulu s'opposer au siége d’'Ath; mais le roi, qui naguère enjoignait l’audace à Villeroi, retint Vendôme et lui défenditde rien hasarder. Ath capitula le 2 octobre et donna aux ennemis toute la Dender, comme ils avaient déjà le Bas-Escaut et la Basse-Lis. Le temps était trèsmauvais; les États-Généraux, craignant de ruiner leur armée, s’opposèrent à ce que Marlborough entreprit un nouveau siége et l'on se mit en quartiers d'hiver au commencement de novembre. Une partie de la frontière française se soumit à une contribution de guerre pour se racheter du pillage et de l'incendie !.
1. Ces sortes de rançons étaient passées en usage sur les frontières respectives, à l'approche des armées, et sauvegardaient le pays contre les ravages des partis ennemis. C'était un commencement d’adoucissement des usages de la guerre. — On trouve dans les Mss. du bénédictin D. Grenier, qui avait préparé une Histoire de Picardie, une intéressante anecdote à ce sujet. Le roi, en 1706, ayant demandé une contribution extraordinaire, même aux pays exempts, quatre paroisses de l'Artois, formant ce qu'on nommaiït l’Aleu, refusèrent, croyant qu’il s'agissait de payer rançon à l'ennemi pour leurs terres, et deux cents paysans partirent pour aller trouver le voi à Versailles, Chamillart les fit arrêter à Senlis, les obligea de retourner chez eux et envoya des troupes vivre à discrétion dans les villages rebelles. u Ce qui les a portés