Bossuet a écrit un traité dans le même sens
merçants, que les États et le conseil du roi consulteront sur toutes ces dispositions générales. Espèce de mont-de-piété pour ceux qui voudront commercer et qui n’ont pas les avances nécessaires (c’est là évidemment ce qu’il avance de plus hardi et de plus neuf; c’est le crédit donné par l’État). Marine militaire médiocre. Point de droits différentiels en faveur de la marine marchande *.
Les opinions politiques ou économiques äu duc de Bourgogne, on en a la certitude par ses écrits, qu’a publiés son biographe?, et par les longs récits de Saint-Simon, étaient généralement conformes aux propositions de Fénelon. Il est donc indubitable que l'administration du jeune prince eût été, sur la plupart des points, aux théories de Fénelon, ce qu'avait été l’administration de Louis XIV aux théories de Bossuet, avec cette différence toutefois que, tandis que Louis XIV avait dépassé Bossuet en fait de théorie absolutiste *, son petit-fils, au contraire, demeurait en deçà de Fénelon pour ce qui regarde la liberté de l'esprit et la tolérance religieuse. Fénelon reconnaissait que « nulle puissance humaine ne peut forcer le retranchement impénétrable de la liberté du cœur », et inclinait à accorder à tous la tolérance civile *. Le duc de Bourgogne était fort loin de ce libéralisme. On a peine à comprendre que les fragments qu’il a laissés sur les affaires des protestants soient de la même main qui a écrit de si judicieuses et de si humaines réflexions. Il n’y a plus là qu’esprit étroit et sectaire quant aux idées, que passion et qu'aveuglement quant aux faits. Le prince justifie complétement la révocation de l’édit de Nantes et la persécution, qu’il appelle une conduite modérée. Il part de cette maxime, « qu’un prince chrétien ne peut permettre que le mal se passe dans ses états » : étouffer toute nouveauté par
1. OEuvres de Fénelon, t. V, p. 190-202. — IL faut lire, avec ce mémoire, une autre pièce probablement antérieure, l’Examen de conscience concernant les devoirs de la royauté ; y remarquer ce qui regarde les galériens retenus, par un abus monstrueux, après leur peine expirée. Jbid., p. 2.
2. Vie du duc de Bourgogne, par l'abbé Proyart, t. I-II, passim.
3. Louis conçut néanmoins dans sa vieillesse quelques doutes sur le droit absolu de disposer des biens de ses sujets. À propos de la dime royale, en 1710, il consulta son confesseur, Le Tellier, successeur du père La Chaise, qui lui apporta une consultation des plus habiles docteurs de Sorbonne, lesquels décidèrent nettement que tous les biens de ses sujets étaient à lui en propre. Saint-Simon, t. IX, p. 14.
4. Examen de conscience, etc.; Œuvres de Fénelon, t, V, p. 39.— Vie du duc de Brurgogne, t. 11, p. 76-86-133.