Hém. de Villars, p
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sources étaient mal assurées et les forces peu disponibles au printemps.
Les négociations avaient continué, non point entre les plénipotentiaires assemblés à Utrecht, mais entre les cabinets de Versailles, de Saint-James et de l’Escurial. Les Anglais avaient proposé que Philippe V, s’il ne voulait pas renoncer à ses droits éventuels en France, échangeât le trône d’Espagne contre les royaumes de Naples et de Sicile et les duchés de Savoie et de Mantoue, lesquels états, sauf la Sicile, seraient réunis à la France, si Philippe V devenait le chef de la maison de Bourbon. La couronne d’Espagne passerait au duc de Savoie. La proposition était extrêmement avantageuse à la France : Louis XIV l’appuya vivement auprès de son petit-fils; mais Philippe V aima mieux renoncer à son ancienne patrie qu'à la nouvelle et consentit d’abandonner ses droits de succession en France. Le courrier qui portait à Londres la résolution du roi d’Espagne se croïsa avec un courrier anglais qui apportait à Louis XIV le consentement de la reine Anne à une trêve de deux mois, pourvu que le roi remît Dunkerque en dépôt aux Anglais jusqu’à ce que les Hollandais eussent accordé à la France un équivalent pour Dunkerque. Le roi demanda quatre mois de trêve au lieu de deux, promit le dépôt de Dunkerque aux Anglais, consentit d'ajouter à la cession de Terre-Neuve celle de VAcadie et de la moitié française de l’île Saint-Christophe, et de renoncer à Landau; c’était le dernier terme des concessions. À ce prix, Louis espérait que l’Angleterre imposerait la paix à ses alliés. Le 17 juin, la reine Anne communiqua au parlement l'état des négociations : les deux chambres répondirent par des adresses favorables à la paix. La question essentielle était vidée avec Philippe V; quant aux garanties, le cabinet anglais demanda au roi que les renonciations de Philippe V au trône de France et des princes français au trône d’Espagne fussent ratifiées par les États-Généraux de France. Louis XIV eût regardé l’appel aux États-Généraux comme le renversement de la monarchie : il répondit que, « l’au« torité que les étrangers attribuent aux États étant inconnue en France», il promettait seulement d'accepter la renonciation de Philippe et de la faire publier et enregistrer aux parlements, ainsi que celles des princes français, et de révoquer les lettres patentes de