Flassan, Hist. de la diplomatie française, t. 1V, p
France, un nouveau délai leur fut notifié jusqu’au {°* juin. Louis offrait encore la barrière du Rhin, plus Landau, et au nom de Philippe V, Naples, les présides de Toscane, les Pays-Bas espagnols, agrandis des parties de la Flandre cédées par la France, à condition que les électeurs de Cologne et de Bavière fussent rétablis dans leurs biens et honneurs, le Haut-Palatinat restant toutefois à l'électeur palatin' et l'électeur de Bavière devenant roi de Sardaigne par compensation. Les plénipotentiaires de l’empereur et de l’Empire quittèrent Utrecht sans réponse, le 15 avril : l'ambassadeur d’Espagne y arriva un mois après; Philippe V ratifia les engagements pris en son nom par son aïeul, et, le 13 juillet, la paix fut signée entre l'Espagne et l'Angleterre ?.
C'était, dit-on, par le conseil d’Eugène que l’empereur avait refusé de signer la paix en même temps que ses alliés : l’orgueilleux entêtement qui était commun à Charles VI avec tous les princes de sa maison, suffisait bien pour expliquer son refus. L'âge de Louis XIV, l’altération de sa santé, les infirmités de la reine Anne, qui avait pour héritier présomptif un des adversaires les plus décidés de la paix, firent croire au cabinet de Vienne qu’il avait intérêt à gagner du temps et à ne pas déposer les armes. Louis XIV, qui avait compté sur la paix, ne s’était pas mis en mesure d'agir de bonne heure sur le Rhin, seul point de contact qui restât entre les puissances belligérantes, puisque l'Italie était neutralisée et la Belgique en dépôt dans les mains des Hollandais. Quand le roi vit que le dernier terme fixé approchaït sans apparence de traité, que l’empereur tirait un subside de la diète (quatre à cinq millions d’écus), un emprunt de la Hollande, et faisait venir sur le Rhin les garnisons d'Italie, il répara à grands frais le temps perdu et envoya Villars à la tête de l’armée d’Alsace, en lui subordonnant un second corps d'armée, formé au confluent de ja Moselle et de la Sarre, sous le maréchal de Besons. A son arrivée à Strasbourg, le 26 mai, Villars ne trouva sous sa main que quarante-cinq mille hommes. Il apprit qu'Eugène avait déjà soixante
1. Le Haut-Palatinat avait été démembré de l'électorat palatin pendant la guerre de Trente Ans et donné à la Bavière. L'empereur, après Hôchstedt, l'avait rendu au Palatin.