‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 34 sur 341 · Lettres des 28 octobre et 24 novembre · texte numérisé non relu

Lettres des 28 octobre et 24 novembre

2. La Bruyère, Caractères, chap. Du souverain et de la république. Toutefois l’approbation est ici un peu équivoque. — La Fontaine, épiît. à M. de Bonrepaus, du 5 février 1687. F

3. Un cardinal ayant blâmé le roi d’avoir agi par force, le pape répondit que, “ quand le roi auroit été obligé d'employer la force, il auroit fort bien fait de s’en servir. » Dépêche du duc d’Estrées, ambassadeur à Rome; ap. Noailles, His, de madame de Maintenon, t. II, p. 447-452.

cens, au moment où il écrit à Rome qu’il ne reste dans son royaume que douze à quinze mille hérétiques e qu'encore il s’en convertit tous les jours‘, l’œuvre promise à l’admiration des siècles futurs s'écroule de toutes parts. Les protestants, habitués à l'oppression lentement méthodique des édits et des arrèts, avaient été abasourdis par l’irruption inattendue de la force brutale et de la tyrannie militaire. La première stupeur passée, ils reviennent à eux-mêmes et les nouvelles violences ordonnées par Louvois les exaltent au lieu de les abattre. La flamme du zèle qui s’éteignait parmi eux a été ravivée par la tempête; la vieille haine du papisme se ranime au fond des cœurs; les prétendus convertis rejettent avec horreur la marque de la Bête, ainsi qu'ils nomment, dans leur langage apocalyptique, les signes du catholicisme; l’exemple des confesseurs et des martyrs relève ceux qui sont tombés; une foule de nouveaux catholiques cessent de paraître aux églises et d'envoyer leurs enfants aux écoles papistes; à l’article de la mort, ils renvoient le prêtre et refusent les sacrements. La colère du pouvoir éclate alors en proportion de son désappointement; après avoir frappé les opinidtres, il frappe les mauvais convertis; il charge les chefs militaires d’exercer, de concert avec les évêques et les curés, une sorte d’inquisition sur les nouveaux catholiques : l’ordre est donné d'appliquer aux plus récalcitrants l’édit relatif à l’enlèvement des enfants, et une déclaration est lancée, le 29 avril 1686, contre les convertis qui refusent les sacrements dans leurs maladies; s’ils reviennent à la vie, ils seront condamnés aux galères et à la confiscation comme relaps ; s'ils meurent, leur cadavre sera trainé sur la claie et jeté à la voirie, comme celui des suicides et des duellistes. Le pouvoir sévit en vain : le ressort de la terreur s’use et les âmes se retrempent. On tâche d'employer la persuasion concurremment avec la force : dès l'automne de 1685, une ruée de prédicateurs, appartenant soit aux divers ordres religieux, soit au clergé séculier, se sont répandus dans l’ouest et dans le midi, pour suppléer à la scandaleuse insuffisance du clergé de ces provinces; cinq à six cents jésuites fonctionnent au premier rang; Bourda-

1. Lettre au cardinal d’Estrées ; novembre 1685 ; ap. Noailles, t. Il, p. 481

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