‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 54 sur 341 · DÉPART DE GUILLAUME · texte numérisé non relu

DÉPART DE GUILLAUME

Guillaume allait répondre sur la Tamise aux coups purtés par Louis sur le Rhin et la réponse devait être foudroyante. Le vent, qui avait soufflé longtemps de l’ouest, ayant enfin tourné à l’est, le prince d'Orange, après avoir fait de solennels adieux aux États- Généraux, mit à la voile de Helvoet-Sluys le 30 octobre. Plus de cinq cents bâtiments de transport, escortés par cinquante vaisseaux de guerre, portaient quatre mille cinq cents cavaliers et onze mille fantassins, avec une énorme quantité d'armes et de harnais pour équiper les Anglais qui se joindraient au prince. Les cadres des troupes embarquées étaient formés en grande partie d'officiers français réfugiés, que conduisait l’ex-député général des églises réformées, Ruvigni : ils étaient près de huit cents. L’ex-maréchal de Schomberg commandait l’armée sous Guillaume. Tous les navires avaient arboré pavillon anglais. Sur le pavillon du prince étaient inscrits ces mots : Pro Religione protestante ; pro libero Parlamento, et, au-dessous, la devise des Nassau : Je maintiendrai. On lisait sur d’autres pavillons : Pro religione et libertate. Cette flotte portait, en effet, les destinées du protestantisme européen et de la liberté anglaise. L’ambassadeur d’Espagne à La Haie, le représentant du successeur de Philippe IT, fit chanter une grand’messe pour le succès de l'expédition qui allait arracher au catholicisme la couronne de la Grande- Bretagne ‘.

Le ciel parut d’abord se prononcer contre l’entreprise. La nuit même après qu’on eut levé l’ancre, un grain violent dispersa la flotte et l’obligea de venir se rallier au point de départ. On ne put remettre à la voile que le 10 novembre. Le vent alors devint aussi favorable qu’il avait été d’abord contraire ; il retint dans la Tamise la flotte de Jacques IT, et les vaisseaux de Guillaume franchirent sans obstacle le Pas de Calais. Trente ou quarante vaisseaux français, sortis des ports de Dunkerque et du Havre à la faveur du vent d’est, eussent suffi pour jeter le désordre dans cette masse navale encombrée a’hommes et de bagages et probablement pour faire échouer l’expédition. Seignelai, d’Avaux, avaient assiégé Louis XIV de leurs instances ; mais il sembleit

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