LOUIS EN
que lelecteur de Brandebourg avait, en 1688, raccommodé avec la Hollande, consentit, dans l'intérêt de la cause protestante, à fournir sept mille soldats à Guillaume IIT (15 août); mais il ne sculut pas rompre directement avec la France. La Suède, quoique signataire de la Ligue d’Augsbourg, fit de même; elle mit seulement, par un traité particulier, quelques régiments à la disposition de la Hollande. Ces deux états avaient compris quels énormes avantages leur commerce retirerait de leur neutralité pendant la lutte d:s trois grandes puissances maritimes. L’Angleterre et la Holland: tâchèrent de leur enlever ce bénéfice en convenant d'interdire aux neutres tout commerce maritime avec la France, et déclarèrent de bonne prise tout navire destiné pour les ports français (22 août); mais cet étrange droit maritime ne put être complétement appliqué : l'Angleterre et la Hollande furent oblicées de renoncer à interdire le commerce direct des ports scandinaves aux ports français !.
La France venait d’être débarrassée d’un implacable ennemi : le pape Innocent XI était mort le 12 août. Il fut regretté des protestants et des jansénistes. IL avait refusé toute espèce de secours pécuniaires à Jacques IT pour l'aider à recouvrer son trône et avait répondu tout aussi durement que l’empereur à l’appel adressé par le monarque déchu aux souverains contre l’usurpateur d’Angleterre. La diplomatie française prit une part très-active à l’élection du nouveau pontife et l’on prétend que Louis XIV dépensa 3 millions pour assurer le succès du vieux cardinal Ottoboni, qui prit le nom d’Alexandre VIIT (6 octobre). La France regarda cette élection comme une victoire ; le roi rendit Avignon au saint-siége et, accordant à un ami ce qu’il avait refusé à un ennemi, il renonça aux trop fameuses franchises. Alexandre VIIT en parut reconnaissant et, par un procédé auquel Louis XIV dut être sensible, il adressa un bref très-bienveillant à madame de Maintenon; mais, quand il s’agit de jeter les bases d’une réconciliation entre le saint-siége et la France, on reconnut qu’on était loin de s’entendre. Alexandre VIIT, tout comme son prédécesseur, maintint le prétendu droit du prince Clément de Bavière à l'électorat de