RÉVOLTE PROTESTANTE
Cologne et refusa les bulles aux évêques élus parmi les souscripteurs de la déclaration de 1682, à moins qu’ils ne se rétractassent, ou, tout au moins, ne fissent quelque satisfaction au saint - siége, Après quelques mois de débat, il cassa et annula, par une constitution du 4 août 1690, » Les délibérations et résolutions de l'assemblée de 1682". » Il avait à la vérité évité, dans cette pièce, toute imputation d’hérésie, de schisme ou même d'erreur, qui püt rendre la scission irréparable : la question resta pendante. Comme on devait s’y attendre, la guerre générale avait excité une vive fermentation chez les protestants français. Depuis la révocation, des phénomènes extraordinaires s'étaient manifestés parmi les populations montagnardes des Cévennes, du Vivarais, du Dauphiné. À défaut des pasteurs absents et proscrits, des bergers, des artisans, des enfants, s'étaient mis à prêcher la parole de Dieu aux nocturnes assemblées du désert : bientôt, aux simples prédicants avaient succédé des extatiques, des voyants. Un livre lancé par Jurieu du sein de l'exil, en 1686, avait pénétré dans le Midi et enfanté une foule de prophètes. C'était un commentaire de l’Apocalypse annonçant la délivrance prochaine de l'Église et la ruine de la Babylone papiste. Avril 1689 était le terme fixé pour l’accomplissement des prophéties. La chute de Jacques IT sembla le commencement du grand œuvre. Six mille montagnards se soulevèrent dans le Vivarais; d’autres s’armèrent dans les Cévennes; quelques prêtres qui avaient pris une part active aux persécutions furent massacrés; mais les insurgés furent bientôt sabrés ou dispersés après une résistance assez vigoureuse. Le gibet et les galères achevèrent l’œuvre de l’épée, et le mouvement fut étouffé pour un temps, grâce à l'administration aussi intelligente qu’impitoyable de l’intendant Basville, qui fit percer à travers les Cévennes et le Vivarais plus de cent chemins carrossables de douze pieds de large, leva en Languedoc huit régiments catholiques à la solde de la province, bâtit des forts à Nîmes, à Alais, à Saint- Hippolyte, établit des postes dans les châteaux des montagnes. Le roi ayant appelé à l’armée les huit régiments, Basville les remplaça en organisant toute la population des anciens catholiques en