Le marc d'argent fut porté de 26 1. 155. à
2. Forbonnais, Recherches sur les finances de France. t. II, p. 46. — Comptes de Mallet, p. 258. — P. Clément, t. II, p. 337.
3. Pendant plusieurs années, Louis avait dépensé jusqu’à deux millions par an en diamauts., V. Mém. de Choisi, p. 598.
service public ‘, tous inutiles et partant nuisibles au peuple, qui devait payer le salaire de tous ces fonctionnaires parasites ?. Pas un de ces offices pourtant qui ne trouvât un acheteur. La manie des distinctions, des priviléges et des fonctions publiques rendait toujours immanquable cet appel incessant à la vanité bourgeoise. Pontchartrain expliquait son procédé financier avec un sans-façon cynique. « Toutes les fois, » disait-il au roi, « que Votre Majesté crée un office, Dieu crée un sot pour l'acheter. » Il ne se borna point à inventer des fonctions nouvelles; il se mit en devoir de transformer en charges vénales le peu qui subsistait de fonctions électives dans la société; il porta un coup terrible à l’organisatior industrielle de Colbert, en créant des maîtres et gardes des corps de marchands héréditaires et des jurés héréditaires dans les corps de métiers, à la place des gardes et jurés électifs; c'était anéantir les garanties qu'offrait le système des corporations, en décuplant les inconvénients et en surchargeant l’industrie d’un nouveau fardeau (mars 1691)%. Les restes des libertés municipales furent attaqués bientôt après: on créa des maires et assesseurs des maires à titre d'office dans toutes les villes (août 1692); on laissait subsister les échevins, consuls, etc., mais à charge pour les électeurs d’en choisir au moins la moitié parmi les assesseurs du maire. De 1689 à 1694, la vénalité des charges de judicature fut introduite dans les pays conquis, en Franche-Comté, Artois, Alsace et Flandre, où les corps judiciaires avaient conservé jusque-là le droit de présenter des candidats au roi. Le nombre des magistrats fut augmenté dans ces contrées, sauf en Alsace, où la province
1. Les commissaires des guerres héréditaires, par exemple. L’hérédité dans un emploi qui demande une activité et des aptitudes toutes spéciales!
2. Une de ces créations, celle des greffers-conservateurs des registres de baptêmes, mariages et sépultures, excita des troubles en Périgord et en Querci. Les paysans se mirent à baptiser eux-mêmes leurs enfants et à se marier sans formalités, pour éviter de payer les droits. Ils résistèrent aux traitants et aux commis, contraignirent plusieurs gentilshommes à marcher à leur tête et entrèrent de vive force dans Cahors. Le conseil du roi ferma les yeux et laissa tomber l’édit en désuétude. Bailli, t. Il, p. 101.
3. Une fois les jurés et gardes des corporations devenus héréditaires, on en multiplia le nombre d’une manière effrayante : on créa plus de 40,000 offices de cette sorte, de 1691 à 1709. V. Renouard, Traité des brevets d'invention. — Anciennes Lois françaises, t. XX, p. 121. — En décembre 1691, on imposa des syndics héréditaires
à ceux des marchands et artisans qui n'étaient pas organisés en maîtrises et jurandes,