‹ Histoire De France Volume 14Chapitre 74 sur 341 · Forbonnais, t. II, p · texte numérisé non relu

Forbonnais, t. II, p

traire, décida qu’on ne pourrait exporter les grains qu'avec des permissions particulières, c’est-à-dire qu’il monopolisa l'exportation.

Chaque jour emportait un débris de la France de Colbert.

Dans les innombrables expédients sortis du cerveau trop féconà de Pontchartrain, on n’en voit guère de conforme aux vrais principes financiers que la taxe de 4 millions et demi sur les bois du clergf !, l’affranchissement général des droits de censives et rentes foncières domaniales, moyennant un prix fixé, ce qui effaçait en grande partie les traces du régime féodal dans le domaine de la couronne , et les émissions de rentes sur l’État, qui, tout en augmentant les charges annuelles, ne donnaient pas lieu du moins aux innombrables abus des créations d’offices. De 1690 à 1693, on créa 3,200,000 fr. de rentes au denier 18 et 600,000 fr. de rentes viagères; de plus, il fut ordonné d'employer en rentes sur l'État toutes les sommes données ou léguées aux églises et communautés religieuses (14 août 1691). Le café, le thé, Le chocolat et les sorbets furent monopolisés, affermés et tarifés comme l'était Le tabac (janvier 1692). :

Si la France avait été jetée, dès le début de la guerre, dans un ruineux empirisme financier, ses rivaux, malgré la masse énorme de leurs forces réunies, avaient aussi de graves embarras. L’empereur n'avait pas beaucoup d’argent et la guerre du Danube lui coûtait cher. Les princes allemands étaient habitués à recevoir et non à donner. Il fallait que les nations commerçantes, l’Angleterre et la Hollande, payassent, si elles voulaient faire marcher les Allemands; mais, en Angleterre et en Hollande, le gouvernement ne disposait pas, comme en France, sans contrôle et sans débat, de toutes les ressources du pays, et les délibérations des États et des villes dans les Provinces - Unies, du parlement en Angleterre, compliquaient et ralentissaient les mouvements du vrai chef de la Ligue, de Guillaume JT. Guillaume n’avait plus d'opposition sérieuse à craindre de la part des États-Généraux ; mais son autorité était beaucoup moindre à Londres qu’à La Haie, ce qui a fait dire aux contemporains qu’il était « roi de Hollande et stathouder

1. Le clerg donna de plus en don gratuit neuf millions et demi, payables en trois ans (1690).

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