Journa! de l’avocat Barbier, t. II. p
la garantie de l'Allemagne. L'empereur réussit : le 11 janvier 1732, la diète de Ratisbonne accepta et cautionna la loi de successiox autrichienne; mais le succès ne fut pas complet, les électeurs de Saxe, de Bavière et palatin ayant formellement protesté. Le Danemark adhéra peu après à la pragmatique et un traité d’alliance et de garantie fut conclu par cette couronne avec l'Autriche et la Russie (26 mai 1732). Le roi de Danemark donnait au duc de Holstein-Gottorp, gendre de Pierre le Grand, une indemnité pécuniaire pour la partie du Slesvig qu’il avait autrefois possédée, et la Russie ratifia l'acquisition du Slesvig par le monarque danois. La Russie n'avait déjà plus alors pour souverain le petit-fils de Pierre le Grand : Pierre II était mort à quinze ans, le 30 janvier 1730, et une intrigue des principaux boyards l'avait remplacé, non par l'aînée de ses tantes, les deux filles de Pierre le Grand, mais par la seconde des filles du frère de Pierre, la duchesse douairière de Courlande, Anna Ivanowna.
Pendant ce temps, l'Espagne persistait dans sa politique re- Muante : n'ayant pu avoir la guerre en lialie, elle l'avait portée en Afrique; elle recouvra la vieille conquête de Ximenez, Oran, que les Maures lui avaient enlevée en 1708, pendant les malheurs de la Guerre de la Succession (juillet 1732). On a pris trop à la lettre le mot fameux d’Alberoni : « L'Espagne est un «cadavre que j'avais animé; mais, à mon départ, il s’est re- « couché dans sa tombe! » Éimpulsion vivifiante donnée par Alberoni ne devait jamais s'arrêter complétement et l'Espagne ne devait plus redevenir ce qu'elle avait été sous les derniers rois autrichiens, Le cabinet espagnol, exalté par ses victoires d’A frique, fit de nouveaux efforts pour entraîner la France à une alliance offensive contre l'empereur. La guerre était loin de la pensée de
1. Lettre du cardiral de Polignac, du 30 octobre 1724; dans Lémontei, t. 16 D. 118. — Une circonstance très-singulière signala cette descente des Espagnols en Afrique : le général musulman qui leur disputa Oran avec courage, sinon avec succés, n'était autre que l'ancien premier ministre d'Espagne, le Hollandais Riperda, devenu, ce protestant, catholique, de catholique, disciple de Mahomet et vizir de l'empereur de Maroc, Cet étrange aventurier mourut en 1737, au moment où il songeait à fonder, dans le Maroc, un nouveau messianisme, suivant lequel Moïse, Jésus-Christ et Mahomet n’auraient été que les précurseurs du vrai Messie. Vers le même temps, un autre renégat, moins mystique, le Français Bonneval, ne faisait pas une moindre figure à Constantinople que Riperda au Maroc,