PRAGMATIQUE AUTRICHIENNE
Fleuri; mais Chauvelin et le maréchal de Villars, membres du conseil depuis la mort du régent, poussaient le vieux miniswe dans des négociations qui étaient au moins des en cas de guerre. Ainsi, le roi de Sardaigne, qui s'était tenu jusque-là hors des combinaisons franco-espagnoles, par une trop juste défiance des prétentions outrées de la reine Élisabeth, négociait maintenant avec la France et lui offrait la Savoie dans le cas où la France assurerait la réunion du Milanais au Piémont".
On eût pu manœuvrer longtemps de la sorte dans les souterrains de la diplomatie; mais un événement tout à fait étranger à la pragmatique autrichienne fit éclater la crise. Une autre succession que celle de Charles VI vaqua la première, succession non moins litigieuse et qui avait maintes fois éveillé la prévoyance des politiques. Auguste IT, électeur de Saxe et roi de Pologne, mourut le 1er février 1733. Quel'allait être son successeur? L'entrée définitive de la Russie dans les combinaisons européennes donnait à cctte question une importance que n'avaient jamais eue au même degré les élections polonaises. La France était libre de tout engagement, puisque la renonciation de Stanislas Lesczynscki à ses dreits avait été la condition du mariage de sa fille avec Louis XV. Que devait faire la France ? — Elle avait naguère refusé une entente hardie avec la Russie et rejeté cette puissance dans l'alliance autrichienne : elle devait donc s’apprêter à lutter franchement, énergiquement, contre la Russie et l'Autriche réunies; mais d’après quel plan ?
Il y avait à choisir entre deux lignes de conduite.
Il était évident que l’ancien parti national polonais n'avait pas été réconcilié aux royautés étrangères par le gouvernement violent, fourbe et corrupteur d’Auguste de Saxe, que ce parti allait se tourner vers le beau-père de Louis XV, vers l'ex-roi chassé par le: étrangers et non par la Pologne, et qu’en face de Stanislas se pose rait comme candidat le fils du feu roi Auguste, le nouvel électeu de Saxe, Auguste IIT, appuyé sur trente-trois mille soldats saxon: et 12,000,000 d’argent comptant que lui avait laissés son père Ge qui semblait le plus naturel à la première vue, c’était que l