MORT DE BERWICK
Rhin droit en Saxe eten Bohèm. . Le cardinal ayant reculé devant ce plan téméraire, Belle-Isle réussit du moins à se faire confier un corps à part pour occuper Trèves ét la Basse-Moselle, et prendre Traerbach ‘. Tout cela empècha berwick de commencer ses opérations avant la fin d'avril. Enfin, Traerbach étant pris et toutes nos forces disponibles, Berwick lança au delà du Rhin trois grands corps de troupes, les deux premiers par Kebhl et le fort Louis, le troisième, beaucoup plus bas, par l'embouchure du Necker (3 mai). L'armée ennemie, très-inférieure aux Français, s'était postée derrière les anciennes lignes d’Etlingen, entre les montagnes de Dourlach et le Rhin, au nord de Rastadt : elle allait être prise entre les divers corps français. Eugène, arrivé le 26 avril au camp allemand, fit évacuer à la hâte les lignes d’Etlingen et replia son armée sur Heïlbron. Une diversion qu'il avait fait tenter par un fort détachement contre la Haute-Alsace, vers Brisach, venait d’être repoussée par les paysans armés : c’est la première fois que les milices populaires de l'Alsace se soient signalées sous le drapeau français contre leur vieille suzeraine, l'Autriche.
Berwick ne suivit pas Eugène dans sa retraite et fit investir Philipshourg par tous les corps français réunis (fin mai). Il y avait bien cent mille hommes. Les deux tiers de cette puissante armée furent destinés à garder la circonvallation, pendant que le reste ferait le siége. Berwick ne vit pas le succès des dispositions qu’il avait prises. Le 12 juin, au matin, comme il était monté sans précaution sur la banquette de la tranchée pour examiner les travaux, deux batteries, l'une française, l’autre ennemie, tirèrent à la fois : un boulet, peut-être français, lui emporta la tête! Berwick et Villars moururent ainsi à cinq jours de distance; contrairement à leur caractère, le grave et prudent Berwick périt par suite d’une imprudence; le fougueux Villars mourut dans son lit. Les derniers rayons du soleil de Louis XIV s’éteignirent avec eux.
Il y eut un moment d’anxiété à Versailles et dans toute la France. Les débordements du Rhin et des petites rivières qui descendent des montagnes neigeuses de la Souabe inondaient le
1. On employa, pour la premièr: fois, à ce siége, les bombes de cinq cents,