PAIX DE VIENNE
roi admit les Lorrains à tous les avantages des Français naturels; la réunion était déjà moralement consommée.
L’ex-duc de Lorraine n’attendit pas longtemps la compensation qui lui était promise. Le dernier des Médicis, Jean Gaston, mourut le 9 juillet 1737, emportant avec lui dans la tombe un nom autrefois glorieux, avili depuis deux siècles. La branche cadette des Médicis avait ruiné la Toscane comme la branche aînée de la maison d'Autriche avait ruiné l'Espagne. De même que l'Espagne sous les princes français, la Toscane commença de se relever sous les princes lorrains, et d’un progrès plus rapide, au moins dans l'ordre matériel.
Les échanges de territoires opérés, le traité définitif traîna encore plus d’un an. La garantie de la pragmatique autrichienne était vivement repoussée par l'opinion en France et répugnait à Fleuri lui-même : l'électeur de Bavière conjurait le cabinet de Versailles de ne pas ratifier un engagement si contraire à ses prétentions et aux engagements secrets qui liaient la France et la Bavière. Fleuri, pourtant, après avoir épuisé tous les délais et toutes les excuses, céda aux instances du gouvernement impérial. La paix fut signée, le 18 novembre 1738, non dans un congrès général, qui ne s'était pas réuni, mais à Vienne, entre les ministres de l’empereur et l'ambassadeur de France. « Sa Sacrée « Majesté Très-Chrétienne », dit l’article X, « mue tant par le désir « ardent de la conservation de l’équilibre en Europe, que par la « considération des conditions de paix auxquelles Sa Sacrée Ma- « jesté Impériale a consenti principalement par cette raison, s’est « obligée de la manière la plus forte à défendre l’ordre de succes- « sion dans la maison d'Autriche... plus amplement expliqué « par la Pragmatique Sanction, etc. ; elle défendra ledit ordre « de succession de toutes ses forces, contre qui que ce soit, toutes «les fois qu’il en sera besoin....; elle promet de défendre celui « ou celle qui, suivant ledit ordre, doit succéder aux royaumes, « provinces et états que Sa Sacrée Majesté Impériale possède ac- « tuellement, et de les y maintenir à perpétuité". »
Il n’était pas possible de trouver des termes plus explicites :