‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 12 sur 327 · NOAILLES. LES FRÈRES PARIS · texte numérisé non relu

NOAILLES. LES FRÈRES PARIS

veaux. On prit un parti vigoureux à leur égard, suivant l'exemple de Sulli et de Colbert : ce fut de, faire rentrer directement au trésor le produit des recettes générales, sans tenir compte des avances réelles ou supposées des receveurs-généraux, jusqu’à l’apurement de leur gestion (déclarations des 24 mars-10 juin 1716). Cet apurement fut confié aux quatre frères Pâris, fils d’un cabaretier des Alpes dauphinoises, qui avaient fait fortune dans les fournitures militaires, exerçaient maintenant la banque et s'étaient acquis un grand crédit auprès des hommes du pouvoir par leurs talents financiers et par leur esprit hardi et actif. En huit jours, ils constatèrent pour soixante-douze millions de billets émis ou endossés par les receveurs-généraux !.

On tâchait, en même temps, de soulager directement le peuple.

Le 4 octobre 1715, une fort belle circulaire contre les abus de la perception des tailles avait été adressée aux intendants, avec ordre de l’envoyer dans toutes les paroisses ; on y demandait des renseignements, afin d'établir une juste égalité dans les impositions ; on y menaçait les officiers des élections et les receveurs de leur faire rembourser, au quadruple, les frais excessifs qu’ils auraient faits aux contribuables, et l’on promettait récompense à ceux des receveurs qui auraient apporté le plus de ménagements dans les poursuites. On supprima les impôts levés en vertu de simples lettres ministérielles, énorme abus introduit par le despote Louvois : désormais il fallut, comme autrefois, des arrêts du conseil. Les tailles furent réduites de 3 millions et demi pour 1716 : on accorda aussi des remises sur la capitation, sur le dixième, sur les fermes. Les droits sur la circulation des bestiaux, sauf les péages ordinaires, furent supprimés, ainsi que d’autres droits sur les marchandises à l’intérieur : l'exportation des grains et légumes secs fut permise sans droits, à cause de l'abondance. On suspendit les droits sur la pêche : on autorisa, pour un an, l'entrée en franchise des bestiaux étrangers; la liberté du commerce fut accordée sur la côte méridionale d'Afrique, de Sierra- Leone au Cap (janvier 1716) : le succès en fut très-grand ; mais

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