‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 132 sur 327 · XY · texte numérisé non relu

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été données en Amérique pour arrêter les débarquements des contrebandiers, ce qui était très-légitime, et pour visiter, même en haute mer, les navires suspects, ce qui l’était beaucoup moins. Ce fut bientôt une véritable guerre entre les gardes-côtes espagnols et les interlopes anglais. On y commit, des deux côtés, les plus atroces violences. Pendant plusieurs sessions, le parlement anglais retentit des clameurs du commerce contre le prétendu droit de visite. La colère allait croissant dans la Grande-Bretagne. Robert Walpole contint le mouvement tant qu’il put : il arrêta, avec le cabinet de Madrid, une convention par laquelle l'Espagne promettait quelque indemnité aux armateurs lésés (14 janvier 1739); mais l'indemnité ne fut point payée, parce que l'Espagne réclamait des compensations, et les escadres que le ministère anglais avait envoyées sur les côtes d'Espagne ne levèrent pas l'espèce de blocus qu’elles y maintenaient. Walpole, lébordé par le torrent de l'opinion, céda. Des lettres de représailles furent délivrées aux corsaires anglais en août 1739! : l'Espagne répondit par un embargo; l’Angleterre déclara la guerre (30 octobre 1739). La nation anglaise, fatiguée de sa longue paix, enivrée d’orgueil et d’ambition, croyait voir dans les colonies espagnoles une magnifique et facile proie. Dès le fer décembre 1739, la prise de Porto-Bello, port de départ des galions mexicains, par l'amiral Vernon, sembla présager de plus grandes conquêtes.

L'Espagne réclama le bénéfice de son alliance défensive avec la France. Il est aisé de juger quelle fut l'anxiété de Fleuri. Le cri public était aussi fort en France pour défendre l'Espagne qu’en Angleterre pour l’attaquer, et le nouveau lien qui, en ce moment même, unissait les deux branches des Bourbons, le mariage de la fille aînée de Louis XV avec le plus jeune fils de Philippe V et

plan de rendre puissante la marine espagnole. » — Lettre de l'ambassadeur anglais Keene ; Magrid, 23 août 1728. — Aïlleurs, ce même envoyé anglais se plaint naïvement de la méchanceté de Patiño, qui « ne cherche qu’à réformer toutes les mesures qu’il croit préjudiciables à l'Espagne ». Lettre du 25 novembre 1731, ap. Coxe, Hist. d'Espagne sous les Bourbons, ch. &xar.

1. Quatre galions guettés par les Anglais arrivèrent heureusement à Sant-Ander avec quarante-trois millions de valeurs, dont vingt-cinq appartenaient aux négociants français. Annales politiques de l'abbé de Saint-Pierre, t. II, p. 662.

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