‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 161 sur 327 · V. Lacretelle, t. I, liv. VUL · texte numérisé non relu

V. Lacretelle, t. I, liv. VUL

pliant à d’inévitables concessions pécuniaires, apportait des lumières el des vues assez hardies, M. de Machault'; aussi devait-il être un jour brisé à son tour par sa protectrice.

Un événement grave, survenu durant l'hiver de 1744 à 1745, avait modifié la situation de l’Europe : l’empereur Charles VII, miné par les chagrins qui l'avaient accablé depuis sa malheureuse grandeur, était mort d’une goutte remontée, le 20 janvier 1745, triste exemple pour les ambitieux qui n’ont ni l'énergie ni les talents de leur ambition : pendant que la Prusse s’était si longuement et si fortement préparée, la Bavière, au contraire, avait été lancée par son prince dans une colossale entreprise, sans armée et sans finances! Il semblait que la paix dût devenir plus facile : le nouvel électeur de Bavière, Maximilien- Joseph, était un jeune homme de dix-sept ans que son âge excluait de l'Empire; on eût pu accorder à Marie-Thérèse l'élection tant souhaitée de son mari, moyennant des cessions territoriales en ltalie et le renouvellement de la cession de la Silésie; mais ni Marie-Thérèse, ni les Anglais, ses défenseurs, ne voulaient de transaction jusqu’à ce que la France fût sous leurs pieds. Le gouvernement français fit une tentative auprès du roi-électeur Auguste III et le pressa de se porter candidat à l’Empire. Auguste IT, qui venait de resserrer les liens de la Saxe avec l’Autriche et d'accepter les subsides de l'Angleterre et de la Hollande ?, montra de l’hésitation. Le nouveau ministre des affaires étrangères, le marquis d’Argenson, présenta au roi un mémoire où il démontrait que le seul moyen de décider le Saxon à accepter l'Empire et de faire une campagne décisive, était que le roi conduisit lui-même au cœur de l’Allemagne sa principale armée et combinât ses opérations avec Frédéric IT, en se contentant de la défensive aux Pays-Bas. Louis rejeta bien loin ce plan, le seul raisonnable, et prétendit qu’on ne pouvait atteindre la reine de Hongrie que dans les Pays-Bas; que c'était le seul moyen d’ef-

1. M. d'Argenson le traite trop mal dans ses Mémoires; par compensation M. Droz le surfait beaucoup dans son Histoire du règne de Louis XVI. )

2. Cent cinquante mille livres sterling : Marie-Thérèse en touchait sept cent mille L’Angleterre avait dépensé près de deux cent soixante-dix-sept millions en 1744 Voltaire, Guerre de 1741, t. II, p. 9.

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