‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 165 sur 327 · V. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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(15 décembre); mais Frédéric n’avait accumulé les victoires que pour forcer ses adversaires à la paix. Ne recevant ni soldats ni subsides de ce gouvernement français qui avait prodigué tant de sang et de trésors à d’inutiles alliés et qui ne savait rien faire pour en conserver un si redoutable, Frédéric sentait la Prusse haleter sous lui comme un coursier robuste, mais d’haleine courte, et savait qu’elle ne pouvait fournir une troisième campagne sans se ruiner; il craignait d’ailleurs l'intervention russe en faveur d’Auguste III, qui avait avec la tzarine un pacte défensif; aussi, dès que Marie-Thérèse, ployant sous cette série de revers et sous la pression de la diplomatie anglaise, eut consenti à renouveler la cession de la Silésie, la paix fut bientôt conclue (25 décembre). Frédéric traita pour le Palatinat et pour la Hesse en même temps que pour lui et reconnut l'empereur François Ier. La France se trouva par là sans un seul allié en Allemagne, et la paix de l'Empire rendit à Marie-Thérèse la disposition de forces qu’elle sut employer efficacement en Italie, Pays qui intéressait le gouvernement autrichien tout autrement que la Belgique.

La campagne de 1745 avait été malheureuse en Italie pour l'Autriche et pour le Piémont. Le comte de Gages, qui commandaït les Hispano-Napolitains dans les états du pape, franchit les Apennins, se jeta du Modenais dans la Ligurie et opéra sa jonction, sur le territoire de Gênes, avec l’armée franco - espagnole de l’infant don Philippe et du maréchal de Maillebois (avril - mai -juin 1745). Les Génois avaient les plus justes griefs contre Marie-Thérèse. L'empereur Charles VI leur avait autrefois vendu le marquisat de Finale et, maintenant, Marie-Thérèse, par son dernier traité avec Charles-Emmanuel, prétendait céder à la couronne de Sardaigne ce domaine dont son père avait reçu le prix. Entre particuliers, cela eût passé pour un dol qualifié. De plus, ils savaient que les puissances maritimes visaient à leur enlever la Corse. Les Génois se déclarèrent pour la France et l'Espagne, et fournirent à leurs nouveaux alliés, moyennant un subside payé par l'Espagne, dix mille soldats et un bon pre d'artillerie. Maillebois et Gages redescendirent de la Ligurie ans le Montferrat avec soixante-dix mille hommes. Charles-

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