‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 183 sur 327 · XV · texte numérisé non relu

XV

pulsion de ce vieux Pâris Duvernei que l’on a vu premier ministre de fait sous le ministère de Monsieur le Duc, et qui avait repris une certaine influence sur le matériel des affaires. De vastes préparatifs furent terminés de bonne heure et, le 13 avril, deux armées qui avaient marché par les deux rives de ‘a Meuse, en feignant de menacer Breda, investirent Maëstricht, sans que les alliés fussent en état de s’y opposer.

Cette nouvelle produisit une vive impression sur le congrès, réuni à Aix-la-Chapelle. Les fonds publics, depuis quelque temps, avaient beaucoup baissé en Angleterre : il y avait de l'agitation dans ce pays, qui seul nourrissait la guerre; le spectacle pompeux de tous ces chariots remplis d’or, d’argent et d'objets précieux, qui voituraient de temps à autre dans Londres les prises faites sur le commerce de France et d'Espagne, commençait à ne plus faire oublier au peuple le poids des impôts, qui atteignait au moins 9 millions sterling (225 millions) pour l’année. Les ministres, les frères Pelham, qui avaient remplacé le fougueux Carteret, étaient moins belliqueux que le roi et l'avaient amené à donner au plénipotentiaire anglais des instructions qui rendaient la paix possible dans certains cas. Le plénipotentiaire, lord Sandwich, jugea le cas arrivé et, de concert avec l’ambassadeur hollandais, remit au comte de Saint-Séverin, plénipotentiaire de France, un projet qui parut acceptable (26 avril). Les préliminaires de paix furent signés le 30 avril entre la France, l’Angleterre et la Hollande, sans attendre la signature des envoyés d’Autriche et d'Espagne : c'était l'unique moyen d'arriver à un résultat. Les principales conditions furent la restitution &es conquêtes respectives ; la cession du duché de Parme à l’infant don Philippe par Marie-Thérèse; le maintien aux rois de Prusse et de Sardaigne de ce qui leur avait été cédé par l'Autriche; le renouvellement de la sanction donnée à la pragmatique autrichienne pour tout le reste de l’héritage de Charles VI; la restitution à l'Angleterre de la traite des noirs (assiento) et du vaisseau de permission dans les colonies espagnoles pour quatre années; la reconnaissance de l'empereur François Ie" par la France et l'Espagne; la conservation des fortifications rétablies à Dunkerque pendant la guerre actuelle du côté de la terre, mais la remise de la place sur le pied

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