PAIX D’AIX-LA-CHAPELLE
du traité d'Utrecht du côté de la mer', enfin la cessation des, hostilités sous six semaines. Il fut convenu, en dehors du traité, que, pour l'honneur des armes françaises, Maëstricht serait livré au maréchal de Saxe, pour être restitué avec les autres conquêtes. Un article secret, qu’on eut soin de laisser transpirer, menaçait la puissance qui n’adhérerait pas, de perdre les avantages à elle procurés par les préliminaires ?.
Le plénipotentiaire autrichien, comte de Kaunitz, qui commençait une longue et célèbre carrière politique, protesta, puis adhéra le 25 mai : l'ambassadeur d’Espagne suivit cet exemple seulement le 28 juin: les petits états engagés dans la querelle avaient déjà signé ou signèrent. Louis XV, dans une lettre adressée le 5 mai au roi d'Espagne, s'était en quelque sorte excusé de lui avoir imposé la paix, en alléguant la ruine du commerce et de la marine des deux couronnes, les forces toujours croissantes que les alliés précipitaient contre la France et l'épuisement de la France et de l'Espagne, Ces motifs n'étaient que trop réels : la misère et la dépopulation étaient effrayantes dans nos contrées les plus fertiles; le contrôleur-général ne savait plus où trouver de l'argent ; les intendants avaient donné avis au bureau de la guerre qu’il était impossible de lever une nouvelle milice; l’intendant de Guyenne écrivait que sa province était à la veille de mourir de faim *. Le danger imminent du Canada et de Pondichéri, dont on ne prévoyait pas la glorieuse résistance, était encore une considération importante.
Le ? août, on arrêta une convention pour le renvoi des trentesept mille auxiliaires russes, qui s'étaient avancés jusqu’en Franconie. Le traité définitif ne fut signé que le 18 octobre, presque le jour même où les Anglais échouaient devant Pondichéri. Ge fut une douleur amère pour le gouverneur de l’Inde française que
1. Les corsaires dunkerquois, autrefois si redoutés des Anglais, avaient reparu avec succès pendant cette guerre.