‹ Histoire De France Volume 15Chapitre 218 sur 327 · I. V. notre t. XIV, p · texte numérisé non relu

I. V. notre t. XIV, p

2, Petit-fils du célèbre chancelier de ce nom et auteur des Characteristiks, publiés

en 1711.

principes fondamentaux, la partie relative au développement des êtres dans les existences futures, la monadologie ou conception de l'essence des êtres, comme choses dont l’homme n’a point à nquérir, attendu que son esprit n’y peut atteindre la certitude ; ils en avaient gardé la partie extérieure, tout ce qui s’applique à l'ordre de la nature visible et de la vie présente. La nature, suivant eux, est l’œuvre d’un Dieu, dont il faut reconnaître l’existence sans prétendre avoir aucune notion de ses attributs, qu’il faut, en un mot, saluer uniquement comme cause première. La nature est tout ce qu’elle peut et doit être; la science consiste uniquement à observer la constitution des choses et à tirer de nos observations des règles applicables aux actions humaines. Le monde est le meilleur possible. — Mais le mal? le mal, mélé à toutes choses en ce monde? — Il n’y a point de mal : ce que nous nommons ainsi concourt à l’ordre universel.

La négation du mal est admissible, à condition de réunir le monde invisible au visible par une chaîne qui aille de la plus humble monade jusqu’à Dieu et d’embrasser, par de hardies hypothèses, l’ensemble des destinées de l’homme avant et après cette vie; encore reste-t-il des difficultés que nous sommes hors d'état de résoudre. Appliquée seulement à la vie actuelle, à l’ordre des choses directement observables, en écartant toute théodicée, toute métaphysique, toute conception de l’âme, cette doctrine est absolument insoutenable : elle ne peut satisfaire que des heureux de la terre, sophistiquant leur égoïsme, ou des esprits jeunes et légers, plongés dans les illusions du matin de la vie : elle choque fe bon sens et l'instinct de l’homme, tout autant que faisait autrefois le stoïcisme , et sans pouvoir, comme lui, s'imposer par la grandeur morale.

Voltaire, cependant, l’homme du sens commun, du sens pratique, avait accepté l’optimisme naturaliste des mains de Bolingbroke. Il ne l'avait pas accepté pour toujours : la justesse de son esprit, l'humanité de son cœur, devaient réagir plus tard contre cette froide et dérisoire théorie et le jeter dans d’extrèmes perplexités; mais, quant à présent, il la professait d'enthousiasme : il y voyait, surtout, la justification du créateur contre les athées, une religion naturelle à opposer tout à la fois aux dévots et aux

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